Quelques dates

XVIe siècle : Alors que le pays est habité par différents peuples Amérindiens, les Espagnols colonisent le nord-ouest de l’Argentine, pensant y trouver des gisements d’argent. C’est d’ailleurs l’origine du nom du pays : Argentum, qui signifie argent.


1807 : Les Britanniques tentent à plusieurs reprises de coloniser l’Argentine


1816 : Le pays obtient son indépendance officielle, le 9 juillet


1865-1870 : Guerre contre le Paraguay


1870 : Buenos-Aires est en plein essor et attire des immigrants d’Espagne, Italie, Allemagne et Europe de l’Est.


1879 : Une campagne est lancée (Conquista del Desierto) pour exterminer les derniers peuples indiens, notamment les Mapuche, qui occupaient toujours la Pampa du Sud et la Patagonie.

À partir de 1880 et jusqu’à 1929 l’économie Argentine se développa et le pays connu une période de prospérité grâce à l'exportation de matières premières et de produits agricoles et l'importation de produits industriels manufacturés.


Les années Péron

En 1946, Perón, lieutenant général de l’armée, parvint au pouvoir après la fin de la Seconde Guerre mondiale, à laquelle n’a pas pris part l’Argentine.
La popularité de Péron est en grande partie dû à sa femme, Eva Duarte de Perón. Surnommée Evita, elle contribue à attirer davantage de soutien des milieux ouvriers et des femmes envers le régime, elle leur obtient d’ailleurs le droit de vote, en 1947.
Perón était admiratif de l’attitude politique de Mussolini et Franco, et s’inspira d'eux pour mettre en place un régime empreint de populisme et d’autoritarisme. L’Argentine a d’ailleurs, après la guerre, accueillit plusieurs milliers de criminels nazis, dont des SS de haute importance.
Les années Péron sont perçues différemment selon les Argentins, certains n’en retiennent que le côté autoritaire, d’autres ne veulent retenir que les bons cotés, telle la politique favorable menée envers les ouvriers, favorisant le développement des syndicats.

En 1955 un coup d’Etat le destitue, il s’exile alors en Espagne. S’ensuivent alors 30 ans de dictature militaire.
En 1973, Péron accède de nouveau au pouvoir, mais pour un temps très limité, celui-ci mourant en 1974. C’est sa nouvelle femme qui dirige alors le pays. En 1976 elle doit faire face à un nouveau coup d’Etat qui la destitue.

Débute alors une période de plusieurs années, nommée « la guerre sale ».


La Guerre Sale

Les services secrets argentins, conjointement à ceux du Chili, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, instituèrent une répression violente, connue sous le nom « Opération Condor », au cours de laquelle ils systématisèrent les arrestations, assassinats, tortures et enlèvements politiques contre ceux qu’ils appelaient « terroristes ». Ces derniers étaient pour la plupart des jeunes militants de gauche.

Entre 10 000 et 30 000 personnes auraient disparu entre 1973 et 1983, sans compter les centaines d'enfants et de bébés de ces personnes qui ont été soustraits à leur famille naturelle et adoptés sous de faux noms par des militaires.
Le Mouvement des mères de la place de Mai s'est constitué en 1977 pour dénoncer les disparitions et les assassinats. Aujourd’hui encore elles manifestent toutes les semaines pour demander justice. Également, des juges et autres personnalités se battent pour que justice soit faite. Aujourd’hui des procès ont lieu régulièrement dans le pays pour juger les personnes qui ont commis ou collaboré à ces crimes contre l’humanité.


En 1982 c’est une autre guerre, furtive, qui éclate. La guerre des Malouines (Iles Falkland en anglais) fut un conflit entre l'Argentine et le Royaume-Uni à propos des îles Malouines. L’Argentine souhaitait chasser les Britanniques se trouvant sur les îles qu’ils revendiquaient. Cette guerre se solda par un échec de l’Argentine mais permis l’arrêt de la « guerre sale » et la restauration d’un régime démocratique.


Les années Menem et la crise économique de 2001

En Décembre 1983 des élections furent organisées et permirent à Raúl Alfonsín d’accéder à la présidence. Son mandat fut de courte durée et il laissa place à Carlos Menem. Ces présidents ont dû faire face à une situation économique préoccupante.

En 1913, l’Argentine était l'un des pays les plus riches du monde. Son PIB par habitant le situait au 9e rang mondial, plus élevé que celui de la France. Mais à la fin des années 1980 l’Argentine avait accumulé une lourde dette externe, l'inflation atteignait 200 % par mois et la production avait considérablement chuté.

Pour lutter contre cette crise économique, le gouvernement de Carlos Menem a lancé une politique de libéralisation du commerce (Menem est à l’origine de la création de la zone de libre-échange en Amérique du Sud, le Mercosur) et de privatisation. C’est ainsi que les biens publics sont passés dans les mains d’investisseurs étrangers. Par exemple le réseau téléphonique est aujourd’hui partagé par des investisseurs espagnols et français.

Mais ces privations ont eu pour conséquence d’augmenter le chômage, déjà élevé et de détériorer bons nombres de services tel le réseau ferroviaire, aujourd’hui quasi inexistant.

Sous le coup de scandales de corruption, Menem ne fut pas réélu en 1999 et céda la place à Fernando De la Rua.
C’est sous son mandat que la crise économique éclata, en 2001, emmenant plus de 60% de la population sous le seuil de pauvreté. Des manifestations ont alors été organisées, suivies de pillages de magasins.
Comme tout pays connaissant une grave crise économique l’Argentine a pu recevoir l'assistance du Fond monétaire international (FMI). Mais lorsque le ministre de l'économie Domingo Cavallo annonça, à la fin novembre 2001, que l'objectif budgétaire donné par le FMI n'était pas atteint, ce dernier refusa de transférer, comme c'était prévu, une somme de 1,25 milliards de dollars. Cette mauvaise nouvelle fut la cause d'une terrible perte de confiance en l'économie argentine et entraîna le pays au plus profond de la crise.

Le 25 mai 2003, Nestor Kirchner accède au pouvoir dans une Argentine encore économiquement ravagée. Depuis 2004, l'Argentine semble se redresser et entame une nouvelle croissance économique. Mais encore 31% de la population vit sous le seuil de pauvreté (salaire minimum = environ 450 pesos soit 120 euros).

En 2002 l’Argentine avait cessé de rembourser sa dette extérieure auprès du FMI. Coup de théâtre la semaine dernière lorsque le président Kirchner a annoncé le remboursement de cette fameuse dette de 9,5 milliards de dollars d’ici à la fin de l’année. Malheureusement ce remboursement n’arrangera en rien la dette du pays qui s’élève à quelque 126 milliards de dollars (72% du PIB). En effet, pour rembourser sa dette le gouvernement a emprunté cet argent à la Banque centrale Argentine. Cette dette a donc simplement changé de créancier mais permettra tout de même à l’Argentine de ne plus payer les taux d’intérêt lié à cette dette (6% /an).


Les élections à venir

Aujourd’hui l’Argentine se prépare à un changement de présidence et les Argentins seront appelés aux urnes le 28 octobre à venir. Beaucoup se pose la question de la transparence de ces élections et l’importance de la présence d’observateurs internationaux afin de garantir une élection « propre ».
De nombreux candidats se présentent à cette élection, qui met le pays en effervescence. Les manifestations dans les rues se multiplient, certains candidats n’hésitent pas à se rendre dans des quartiers afin de distribuer gratuitement nourritures, alcools…afin de s’octroyer les faveurs du public. Les chiffres sur l’économie sont manipulés par le gouvernement actuel, afin de « taire » l’inflation des prix que subit encore le pays et donner une image positive de la situation économique. Il est donc difficile de savoir ce qu’il en est réellement aujourd’hui.


Pour en savoir plus sur l’histoire de l’Argentine :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Argentine
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_sale