La Bolivie est un des pays les plus pauvres d’Amérique Latine. Aujourd’hui encore, les 2/3 de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Bien souvent les habitants subsistent par des petits boulots et trouver de l’argent pour pouvoir nourrir sa famille est un combat de tous les jours. Le micro-crédit est, pour tous ses Boliviens en situation de grande précarité, une solution porteuse d’espoirs.
Qu’est-ce que le micro-crédit ?
Selon de dernier rapport de l'ONU, plus d'un milliard de personnes n'ont aujourd'hui aucun accès aux services bancaires, bien souvent car ils sont trop pauvres pour donner des garanties de remboursement aux banques.
Face à cela, le micro-crédit consiste en l'attribution de prêts de petites sommes à des personnes qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques.
La première institution de micro-crédits, la Grameen Bank, a été fondée par le Bangladais Muhammad Yunus. En 2006 le banquier des pauvres, comme il est surnommé, s’est vu décerné le prix Nobel de la Paix afin de souligner que « une paix durable ne peut pas être obtenue sans qu'une partie importante de la population trouve les moyens de sortir de la pauvreté ».
Suivant les traces de Muhammad Yunus, le Foncresol intervient dans plusieurs régions de Bolivie dont Potosi, où nous avons rencontré Moises Guzman. Depuis près de 10 ans, il y dirige le FONCRESOL.
Le FONCRESOL
Cette fondation a été mise en place sous l’impulsion de l’église catholique bien qu’elle soit indépendante de tout mouvement religieux.
Le Foncresol se donne deux missions principales :
- Utiliser le micro-crédit pour que les familles améliorent leur qualité de vie
- Inciter les Boliviens à réfléchir sur la citoyenneté et l’éducation civique
Comment ça marche ?
Ici les prêts d’argents ne sont pas destinés à créer une activité mais à satisfaire les besoins primaires tels qu’acheter des denrées alimentaires.
Après avoir effectué un diagnostic de la situation d’une communauté, un groupe de 20 participants est formé. Dans la pratique, ce sont majoritairement des femmes qui constituent le groupe (80%).
Après que les participants se soient organisés en coopérative, le Foncresol prête une somme à chaque personne du groupe.
Ensuite le bénéficiaire rembourse petit à petit son prêt. Une partie des intérêts est alors versée dans une cagnotte qui appartient au groupe. Celui-ci se retrouve donc dans la peau d’un banquier, en prêtant de l’argent à d’autres membres de la communauté. La cagnotte grossit donc petit à petit et permet d’investir dans des programmes sociaux ou des biens communs.
Ces micro-crédits permettent donc à tous les habitants d’améliorer leurs conditions de vie.
Afin d’assurer l’autonomie du groupe le Foncresol replonge les participants dans les bases mathématiques et leur apprend à gérer seuls leurs fonds. Par la suite, un suivi est assuré, à l’aide de réunions mensuelles.
Ces réunions mensuelles ont également pour but de faire prendre conscience aux participants de leur identité de citoyens Boliviens. En effet dans ce pays à l’histoire lourde de dictature et corruption, beaucoup de Boliviens n’ont pas conscience de leurs droits en matière de citoyenneté.
C’est donc pour favoriser cette participation à la citoyenneté que le Foncresol impulse une réflexion autour de ce thème. Pour cela il s’appuie sur des publications qui illustrent l’organisation politique du pays, les droits et devoirs des citoyens (tels le droit à la propriété, le devoir de vote…).
Plus que le micro-crédit et l’aide aux populations en situation de précarité, le Foncresol veut contribuer à former des citoyens responsables qui participent pleinement à la vie de leur pays.
Moises se réjouit du succès de Foncresol qui a déjà contribué à aider plus de 5000 familles. Ce succès est pour lui la preuve qu’il ne faut jamais perdre espoir et qu’il y a toujours une raison pour croire qu’un autre monde est possible.
« Les toutes petites choses aident à construire un monde meilleur »
Moises Guzman
www.foncresol.org