Né à Potosi, Ricardo a grandi au côté des communautés Quechua et a été douloureusement confronté à leur pauvreté. Devenu adulte il a gardé intacte sa motivation pour aider ses concitoyens. Après ses études d’économie, il a décidé de s’engager dans le développement rural et a très vite trouvé sa place au sein du Centre Causananchispaj (« pour vivre mieux » en Quechua) où il exerce la fonction de coordinateur. Mission fondamentale puisque l’approche du centre se veut la plus transversale possible afin de favoriser un développement global et durable.
Le centre Causananchispaj
L’objectif du centre est de soutenir le développement et améliorer la qualité de vie des communautés Quechua au niveau sanitaire, éducatif, alimentaire et économique. Un vaste programme !
Pour mener à bien son objectif le centre s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire de 20 personnes (agronome, médecin, éducateurs, sociologues…).
Après avoir effectué un diagnostic de la situation de la communauté, l’équipe met en place un plan d’action. Elle travaille au plus près de la communauté, les aidant à s’organiser et les impliquant pleinement dans l’élaboration du programme de développement afin qu’elles soient totalement actrices de leur développement et qu’elles puissent gérer seules les projets mis en œuvre.
Les actions développées
Elles touchent différents domaines :
Économie et alimentation : Une grande partie de la production agricole des communautés est le maïs. Le centre les encourage et les aide, par un appui technique, à diversifier leur production et se tourner vers les fruits, légumes, quinoa et autres céréales. La production est tournée vers l’agro écologique afin de proposer des produits naturels et sains.
Toute une filière s’est ainsi mise en place, de la production à la commercialisation en passant par la transformation de produits.
Cette diversification leur assure un revenu, mais également améliore leur alimentation, trop souvent composée de riz, biscuits salés, sodas…Une action d’éducation nutritionnelle est donc entreprise afin de leur enseigner les bases d’une alimentation équilibrée.
Egalement le centre les aide à dynamiser leurs activités artisanales en accédant à des matières premières de qualité et en fédérant les différentes activités autour d’une coopérative.
La santé : Depuis 9 ans que Causananchispaj est actif sur le territoire de Potosi, ce centre a permis à 97% des communautés d’accéder à l’eau potable. Grâce à cela les maladies gastro-intestinales ont diminuées de 18%.
Le centre organise des réunions qui ont pour objet de sensibiliser et éduquer à la santé et à la propreté, toujours dans l’objectif d’éradiquer certaines maladies.
Ils ont également entrepris une action de coordination avec les médecins de la ville ainsi que les soignants traditionnels afin d’améliorer les conditions d’accouchement, tout en respectant les croyances et cultures des Quechuas.
Leur objectif est d’arriver à un taux de mortalité zéro lors de la mise au monde d’un enfant. Ils ont déjà atteint ce taux dans deux communautés et l’on fait descendre de 220 à 78 décès pour 1000 naissance, dans 10 communautés.
L’éducation : L’ONG a participé à la construction d’écoles et à équiper celles-ci en mobilier. En effet, avant leur intervention, 45% des enfants des communautés n’allaient pas à l’école, principalement du fait de l’éloignement de celle-ci. Ils ont également ouvert un internat pour les écoliers trop éloignés.
Protection de l’environnement : Afin que les communautés assument leur rôle et leurs devoirs envers leur environnement et qu’ils favorisent une production agricole biologique, le centre a impulsé un programme de sensibilisation à la protection de l’environnement. Le centre veut que les communautés utilisent les ressources naturelles de manière équilibrée, rationnelle et durable.
Ils ont donc impulsé la création d’un comité contre la pollution minière des bassins hydrographiques qui assure une veille sanitaire et fait pression pour que les industries minières ne rejettent plus leurs déchets hautement polluants dans les rivières alentours.
Ils ont également mis en place le compost dans plusieurs communautés.
Soutien aux communautés touchées par El Nino
Ricardo et son équipe ont également lancé une campagne pour venir en aide aux habitants touchés par les catastrophes naturelles, dues au phénomène el Niño, et lutter contre le réchauffement climatique.
El Niño est un phénomène climatique qui apparaît aux environs de Noël (d’où son nom, « l’enfant » en référence à la naissance de Jésus). Il s’agit d’une élévation anormale de la température de l’océan dû à une diminution des vents (qui normalement « emmènent » les eaux chaudes du Pacifique Ouest vers l’Australie et l’Indonésie). Lors d’El Niño, les eaux chaudes stagnent donc dans l’océan Pacifique Ouest qui borde les côtes Péruviennes et Chiliennes. Ceci engendre une forte perturbation du climat, provoque des pluies diluviennes ou des sécheresses selon les régions du monde.
Ce phénomène apparaît de manière irrégulière. En 1998 le Pérou et la Bolivie (dans une moindre mesure) ont été gravement touchés.
Causananchispaj apporte donc une aide aux communautés qui ont subi ces catastrophes naturelles. Ils ont notamment développé un programme pour distribuer des produits alimentaires aux communautés dont les cultures ont été détruites et aident au réaménagement des infrastructures endommagées.
Parallèlement ils engagent des actions afin de lutter contre le réchauffement climatique comme le maintien de « micro vallées » pour assurer l’équilibre naturel de l’écosystème.
Le centre Causananchispaj est aidé par différentes organisations Européenne qui leur apporte un soutien financier.
En Bolivie, la majeure partie des actions des ONG ne sont pas soutenue par le gouvernement et doivent trouver des fonds auprès d’autres organismes. La solidarité internationale est donc le moteur principal du développement de programmes de soutiens aux populations.
Ricardo souhaite donc que des partenaires continuent à les soutenir dans leurs actions, qui ont pour l’instant contribué à aider plus de 55 communautés du département de Potosi, car beaucoup d’autres communautés nécessitent un appui à leur développement.