Histoire du Brésil

 


Le pays a été découvert en 1500 par les Portugais. La France a également tenté de s’y implanter au XVIe siècle, sans succès. Les Portugais ont très vite découvert l’intérêt du sol et du climat pour la culture de la canne à sucre, denrée très prisée en Europe. Ayant besoin de main d’œuvre pour la culture, ils ont fait appel aux habitants. Au départ ils ont accepté de récolter et de « prêter » leurs terres pour leur exploitation, mais très vite cela s’est transformé en esclavage et expropriation massive des Indiens. Les Portugais ont alors été dans l’arrière-pays Brésilien pour capturer des Indiens. Ces expéditions s’appelaient Bandeiras.

Vers 1550 de riches planteurs de canne à sucre commencèrent à acheter des esclaves Africains, plus résistants au travail et aux maladies européennes. Ces êtres humains étaient échangés contre du sucre, du rhum, du tabac… Entre 1550 et 1888 3,5 millions d’Africains ont été déportés au Brésil.


Le travail dans les plantations était très dur, les familles étaient séparées, la maltraitance sévissait. Beaucoup résistait sous diverses formes, arrêtant de s’alimenter, se laissant gagner par le « Banzo » : mal du pays ; fuyant, se réfugiant dans la religion, leur culture faite de chants et danses. C’est d’ailleurs ainsi qu’est née la Capoeira, issue d’une lutte africaine rituelle.

Vers 1557, les Portugais ont entrepris de convertir les Indiens au Christianisme. Des missions Jésuites ont été créées. Contrairement aux autres missions d’Amérique du Sud les Jésuites convertissaient les Tupi-Guaranis sans anéantir leur culture, rites et langues. Ces missions diffusaient une notion du progrès respectueuse : les richesses étaient également reparties, ils considéraient positivement et sur un même pied d’égalité la religion, l’esprit et les arts Indiens. Malheureusement dans les années 1750 Rome et les monarches Portugais décidèrent de stopper ces missions, voyant d’un mauvais œil l’indépendance des Jésuites, et détruisant ainsi le système social mis en place. Les prêtres Jésuites ont beaucoup plaidé la cause des tribus indigènes, dénonçant l’esclavage des Indiens (mais pas celui des Africains).

L’or était également recherché, beaucoup de légendes sud-américaines évoquant l’existence d’un Eldorado, vaste gisement d’or. En 1690 ce pseudo Eldorado a été incarné par la découverte de gisements dans l’arrière-pays de Rio de Janeiro : la ruée vers l’or commença vers le Minas Gerais. Les esclaves furent massivement dirigés vers les mines pour exploiter les gisements.
Vers 1750 les gisements se tarissant peu à peu, les exploitations de café ont pris le relais.

En 1808 la famille royale Portugaise s’installe à Rio et en 1815 le Brésil est élevé au rang de royaume. Il est gouverné par Joao VI. Ce dernier retourne au Portugal en 1820, laissant alors la gouvernance à son fils, Pedro. Celui--ci obtient l’indépendance du Brésil et devient alors empereur. Mais refusant de faire évoluer la constitution vers un régime parlementaire, il est contraint d’abdiquer et de laisser la gouvernance à son fils Pedro II. Le pays connaît alors une période prospère.

En 1888 l’esclavage est enfin aboli, notamment grâce à la fille de l’empereur, princesse Isabel qui rédigea la « Lei Auréa ».
Mais cette loi n’avait hélas rien prévu pour ces centaines de milliers d’esclaves affranchis. Beaucoup se sont retrouvés à la rue sans rien pour les accompagner. Beaucoup sont morts, d’autres se sont réfugiés dans les villes venant ainsi grossirent les premières favelas, apparues vers 1897.

Encore aujourd’hui beaucoup de Brésiliens pensent que cette loi Auréa n’a pas signifié la fin de l’esclavage car de nombreux habitants des favelas reçoivent des salaires de misère pour travailler comme gardiens, servantes…
À l’heure actuelle, il existerait plus de 600 favelas dans l’état de Rio. Il a fallu attendre 1994 pour que ces « quartiers » sortent de l’ombre et soient inscrits sur les cartes, engageant ainsi une reconnaissance de leur existence. Malheureusement ces bidonvilles ne disposent que de très peu d’aide pour survivre, encore trop souvent l’initiative de la société civile et non du gouvernement.


Autres repères importants :


1889 : Coup d’Etat militaire ; Pedro II s’exile. 4 ans après des élections sont organisées. Le Brésil devient République Fédérale, aujourd’hui composé de 26 Etats. Chaque Etat a, à sa tête, un gouverneur. Il y a 5656 municipalités.

1890-1912 : Le Nord du Brésil (Amazonie) se développe grâce à la production de caoutchouc

1917 : Le Brésil participe à la première guerre mondiale aux cotés des Alliés

1929 : La crise économique touche durement le pays

1937 : Gétulio Vargas s’assure les pleins pouvoirs du pays

1946-1964 : Deuxième République

1960 : Inauguration de Brasilia, capitale du Brésil

1964-1985 :
Prise de pouvoir par les militaires pendant 20 ans

1980 : Fondation du parti des travailleurs

1985 : Création du mouvement des sans Terre ; Ce mouvement lutte pour les réformes agraires occupant les terres agricoles inexploitées, reloge des familles, crée des écoles publiques et des coopératives agricoles.

1989 : Élections démocratiques : Fernando Collor de Mello est élu président

1992 : Collor est demi de ses fonctions pour cause de corruption

1994 : Fernando Cardoso est élu grâce à son plan de redressement économique

2002 : Luiz Inacio da Silva (Lula) est élu président. Il est le premier président issu de la classe ouvrière. Malgré sa réputation mitigée auprès de plus de 45% des Brésiliens il est réélu en 2006 pour 4 ans.