RODRIGUES : Protéger la Mata Atlantica en favorisant l’écotourisme

La Mata Atlantica (littéralement forêt tropicale Atlantique) représente au Brésil (avec la forêt Amazonienne) une réserve primordiale du patrimoine biologique et paysager. De sa superficie originelle (1,3 millions de km2), 93% ont été détruits. La Mata Atlantica (MA) est présente tant dans la région littorale que dans les terres intérieures, dans les régions du Sud.

 

 

   



Plus anciennes que la forêt Amazonienne, la MA abrite de nombreuses familles animales et végétales et notamment quantité d’espèces uniques : 17 variétés de primates, plus de 900 sortes de papillons, une large partie des nombreuses espèces d’oiseaux présentes dans les écosystèmes brésiliens et quelques 20 000 espèces de plantes, ressources médicinales précieuses et qui risque de disparaître avant même d’avoir pu découvrir leurs propriétés. Le remède contre le virus du Sida se cache peut-être dans cette forêt !!

 

 

           



Il est donc primordial de protéger cet espace naturel. Aujourd'hui beaucoup de chemin reste encore à parcourir : sur 633 espèces animales menacées d’extinctions au Brésil, 383 sont localisées dans la MA.
L’UNESCO a entrepris de protéger cette forêt ancestrale et a inscrit 33 zones, d’une surface totale de 5820 km2, au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

Beaucoup ont compris la nécessité de sa protection, notamment pour la régulation hydrique, la fertilité des sols et la régulation du climat local, sans oublier la précieuse diversité biologique et le formidable piège à CO2 qu’elle représente.

 

 

           

 


Le gouvernement ne se préoccupant que trop peu de sa conservation, la société civile prend le relais. C’est ainsi que la majeure partie des aires forestières de la Mata Atlantica est gérée par des propriétaires particuliers. Il existe 450 réserves naturelles particulières localisées dans la MA.
Dès 1995 la fondation SOS Mata Atlantica a lancé un programme d’écotourisme afin de démontrer que le tourisme pouvait être un allié important dans le travail de conservation environnemental. C’est ce qu’aujourd’hui Rodrigues accompli au travers de sa réserve naturelle particulière de 363 hectares.

 

 

 

 

 

La réserve naturelle Alto da Boa Vista


 
Rodrigues était employé de banque lorsqu’en 1988 il décide de mettre toutes ses économies dans l’achat de ce qui est devenu la réserve Alto da Boa Vista, située dans la Serra do Relogio. Il y vit aujourd’hui avec sa femme Adel et ses deux filles Paula et Juliani.
 
 
           
 
 
De sa motivation originelle, il parle avec émotion d’une aspiration spirituelle qui l’a amenée jusqu’à cette partie de la MA. Lorsqu’il a pris conscience de l’urgence à préserver cette biodiversité que représente la MA il n’existait aucun mouvement écologique. Au départ combat contre le déboisement, il a ensuite, seul, mené son projet de création d’une réserve naturelle particulière.

Depuis 8 ans, il a entamé la construction d’un gîte afin d’accueillir des groupes de touristes et ainsi les sensibiliser à la protection de la forêt Atlantique.
Brique par brique (et se nourrissant uniquement de bananes et pain comme il aime à le rappeler) il continue de bâtir ce gîte, utilisant intelligemment les ressources que la forêt lui offre : terre cuite pour les briques, eucalyptus pour les poutres…
Il a aussi installé des ruches pour la production apicole (miel, propolis), planter des fraisiers, bananiers et vend ses productions aux alentours.

 

 

         

 


L’accueil est d’ors et déjà opérationnel et, pour 20 reals (environ 7 euros) il est possible de séjourner au cœur de ce site grandiose. Du gîte situé à 900 m d’altitude, une randonnée d’1h30 traversant la forêt mène au sommet (à 1434 mètres d’altitude) d’où le panorama à 360° vous coupe le souffle par sa beauté et son immensité.


Rodrigues a également pris en main la reforestation par des plantations de diverses essences et protége les différentes essences endémiques de la MA. En effet, la forêt est un refuge pour de nombreuses espèces d’orchidées et de Broméliacées. Notamment le Bromélia Impérial (Alcantarea imperialis) qui est une espèce menacée, victime de sa beauté et de sa rareté.

 

     

 

Actuellement de nombreux spécimens sont déracinés de leur milieu afin d’être revendu. Achetés 5 reals (12 US$) aux alentours de Sao Joao Nepomuceno, ces pieds sont revendus pour des particuliers sur Rio de Janeiro pour environ 250 US$. Il s’agit là d’un commerce frauduleux inadmissible contre lequel Rodrigues se bat.

 

    



Rodrigues continue d’assumer seul le financement de ses projets. Le Minas Gerais aide financièrement ces types de projet, mais hélas les fonds restent bloqués aux municipalités. Depuis 12 ans ce sont l’équivalent de 20 000 US$ qui ne sont pas arrivés à bon port.


Ce problème se pose hélas dans beaucoup d’Etat du Brésil et il n’existe aucun recours pour Rodrigues et les autres. Il lui tient à cœur que l’on sache que, malgré une volonté affirmée, le gouvernement Brésilien ferme trop les yeux sur ces préoccupations environnementales, qui concernent pourtant l’humanité tout entière.
Encore trop souvent maltraitée par des projets de carrière d’extraction d’aluminium, par les feux de forêts pour sa mise en culture… Rodrigues ne pert pourtant pas confiance en l’avenir ; lorsque nous lui demandons s’il est optimiste pour le futur, sa réponse est sans équivoque : « Muito » (beaucoup).

 

Aujourd’hui, c’est grâce à des hommes et femmes tels Rodrigues que la Mata Atlantica a une chance de perdurer.

 

 

Contacts et liens utiles (en Portugais) :

 

www.sosma.org.br

http://serradorelogio.blogspot.com

serradorelogio@yahoo.com.br