NICOLAS : Aider la démocratie participative à prendre racine


 

Si, fin 2006, vous cherchiez le Français Nicolas, installé à Puerto Varas (33 000 habitants) vous aviez plus de chance de le trouver en levant la tête et en cherchant dans les branches touffues d’un superbe Cyprès Macrocarpa, vieux de plus de 100 ans.


Son combat de l’époque : empêcher que cet arbre ornant une petite place de la ville ne soit coupé par décision de la municipalité.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand empêcher la coupe d’un Cyprès donne naissance à la démocratie participative


 
 

Depuis son arrivée au Chili, il y a 6 ans, Nicolas n’a cessé de constater les maltraitances environnementales de ce pays. Tous les jours il voit les dégâts sur la nature que provoquent les décisions anarchiques prises par la ville afin de développer son activité touristique. Rien n’est pensé de manière durable.

C’est donc avec douleur qu’il constate un matin, en se levant, que des employés de la ville sont en train de couper l’arbre centenaire. Il se décide donc à aller voir la mairie afin de comprendre ce qu’il estime être une aberration environnementale de plus.


Raison invoquée : l’arbre est malade et ne peut rester là puisque la place va être réaménagée en espace de jeux pour enfants. Pourtant nul besoin d’être ingénieur forestier pour constater que cet arbre est en pleine forme.


C’est donc détérminé à empêcher sa coupe qu’avec quelques amis, il décide d’agir. Pendant que Nicolas squattait l’arbre, le reste du groupe courrait la ville afin de trouver avocat, ingénieur, forestier, étudier les lois environnementales, les possibilités de recours…. Nicolas n’a pas quitté son poste, malgré les tentatives de délogement de force et la venue des employés municipaux et leur tronçonneuse.

 

       

 

Après 3 jours et 3 nuits, le déplacement des médias de tout le pays et la saisie de la cours de justice, le groupe obtient un recours de protection qui donne injonction de réaliser une autre étude sur la santé de l’arbre.


Descendus de son « perchoir », Nicolas et ses amis organisent une marche dans les rues de la ville. Ce sont 500 personnes qui les rejoignent afin de fêter cette victoire.  Les personnes les plus âgées de la ville viennent manifester leur attachement à cet arbre, où ils ont pour beaucoup, connu leurs premiers amours. Cette marche publique fut la première jamais organisée dans les rues de Puerto Varas.


En outre, pour montrer que l’opposition ne vient pas que d’un petit groupe « d’hurluberlus »,   ils font circuler une pétition qui recueille 1300 signatures. Une belle victoire pour un pays encore trop peu habitué à protester et donner son avis sur des projets publics.


Après la manifestation vient l’heure d’être force de proposition. L’architecte qui a rejoint le groupe travaille donc à la proposition d’autres options pour l’aménagement de la place. Malheureusement le maire n’a rien voulu entendre, restant campé sur ses positions et n’acceptant pas cette opposition citoyenne, pourtant validée par un sondage démontrant que 86,36% de la population était opposé à la coupe du Cyprès. Faisant fi de la décision de justice, le maire a ordonné la coupe de l’arbre, qui s’est faite de nuit, à l’abri des regards.


Aujourd’hui la place destinée aux enfants de la ville se construit à coup de béton, entourée d’une station-service et de la route. Au milieu, un arbrisseau a été planté, un Pin d’Alep qui pousse de 2mm par an et qui a valu à la place d’être baptisée « Plaza del Pino ».

 

 

 

 

 

 

 

Une association aux multiples vocations


 

Malgré ce semi-échec et incités par leur avocat et la cours de justice, Nicolas et ses amis ont créé leur association « Participa Puerto Varas » avec l’objectif d’inciter la municipalité à mettre en place la démocratie participative.

A côté de cet objectif, l’association veut développer ses dimensions sociales et environnementales, en mettant en place des activités pour les jeunes défavorisées de la ville à qui rien n’est proposé. Nicolas souhaite également développer des activités de sensibilisation à l’environnement pour contribuer à éveiller les consciences.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nicolas


 

Depuis quelque temps, ce Français de 38 ans  a ouvert son hostel à Puerto Varas pour accueillir les touristes qui s’aventurent dans sa région. L’hostel Casa Margouya se veut un établissement tourné vers le respect de l’environnement. Par exemple les clients sont priés de trier leurs déchets, chose rare dans les hostels d’Amérique Latine, comme nous l’avons constaté. Nicolas a également mis en place un système d’économie d’eau pour la chasse d’eau et la douche et réfléchi à d’autres initiatives simples et futées comme le compost.

 

 

         

 


Nicolas reste fermement accroché à l’idée que l’on peut participer à diverses actions écocitoyennes pour peu que l’on ait la motivation. Déjà tout petit, il parrainait des enfants à l’autre bout du monde et consacrait une grosse partie de ses économies à faire des dons pour diverses causes. Après des études de commerce dont il se désintéresse très vite, il décide de parcourir le monde afin d’en découvrir ses merveilles et c’est au cours de ces années de pérégrinations qu’il a renforcé sa propre motivation à participer à la construction d’un monde plus juste.


Son prochain combat ? Lutter pour faire avorter les projets de barrages sur les fleuves Baker et Pascua.

 

 

« Éveillez vous au monde, sortez de chez vous, allez voir ailleurs car le monde ne s’arrête pas à votre porte »
Nicolas