Carnet N°23 : De HongKong à Nanning


 

À notre arrivée à HongKong, nous ne savons pas très bien ce que va être notre itinéraire. N’ayant pu obtenir le visa chinois au Népal, on ne peut y entrer pour l’instant. On apprend au comptoir de notre compagnie de vol que l’on ne peut pas modifier nos billets et qu’on devra donc être dans ce même aéroport dans deux mois, pour rejoindre l’Afrique.


Puisqu’on ne veut pas se résigner à prendre un vol supplémentaire, on décide d’aller au plus vite au Consulat Chinois pour retenter notre chance. Et là, c’est la joie ! Aucun souci 48h après, on détenait le précieux sésame. On file au consulat Vietnamien pour faire de même.


Au lieu de finir en Malaisie, nous ferons une boucle. Rejoindre au plus vite le Vietnam, descendre jusqu’au Delta du Mékong pour le remonter jusqu’à Phnom Penh, au Cambodge. 

 

Et ensuite court passage en Thaïlande pour relier plus rapidement le nord Laos et repasser la frontière Chinoise pour rejoindre HongKong, en traversant les provinces du Yunnan, du Guangxi et de Guangdong.

 

 

HongKong


Maintenant que la route est plus claire et le départ fixé, on profite un peu de HongKong, bien que sa folie des grandeurs nous donne envie de partir rapidement.  
On se croirait presque à Las Vegas tant il y a de néons lumineux. Les rues sont animées. Des grandes enseignes internationales de la mode, on passe aux petits marchés en tout genre plus typique : alimentaire, aux oiseaux, aux poissons, marché de nuit, pour les femmes…

 

 

       

 


Endroits parfaits pour voir toutes les bizarreries culinaires (pour nous) et la contrefaçon dans tout son art !
On est basé sur l’île de Kowloon. La chaleur est étouffante et pour une fois on est content de trouver la climatisation dans la cage à poule qui nous sert de chambre. Mais que ce soit à l’hôtel ou dans les rues, on étouffe. L’ambiance citadine, c’est décidemment pas notre truc!

Besoin d’air, de verdure! Et pas toujours facile à trouver ici. Direction le parc Kowloon Walled City. Des bonzaïs plus étranges les uns que les autres, des petits bassins, des allés qui nous emmènent dans différents jardins qui respirent la zenitude… On comprend aisément pourquoi ce jeune homme s’y réfugie pour pratiquer son art martial.

 

 

 

         

 



Le soir venu, on arpente les rues plus que jamais animées pour déguster un peu de spécialités. Mais ce qui nous est le plus étranger n’est pas la nourriture mais les ustensiles. Et oui, il nous faut nous familiariser avec les baguettes.
Dejà avec une fourchette Mélanie peut provoquer un vrai désastre, alors là, mieux vaut être à distance! Coincer l’aliment entre ces deux fins bâtons, et faire en sorte qu’il ne s’échappe pas  le temps du trajet jusqu’à la bouche, passe pour être une épreuve à part entière. Un peu de pratique, ça viendra certainement. Mais les mains, en Inde, c’était quand même plus simple.

 

 

         

 



Bon, l’heure est venu d’entrer dans la Chine, la vraie. Car HongKong est quand même bien différent du reste de la Chine et est d’ailleurs une région administrative particulière au sein de la République populaire.

Pendant plusieurs années, HongKong a été une colonie Britannique. En fait tout cela est lié au thé et à l’opium. Dans les années 1800, les Anglais, devenus friands de thé, cherchent à s’en procurer en Chine, seul producteur de l’époque. Mais ils n’ont rien à échanger contre la précieuse feuille que les Chinois n’ont déjà.


Les Anglais décident d’introduire illicitement de l’opium en Chine afin de créer une dépendance chez les commerçants. Ils ont désormais leur monnaie d’échange, mais déclanche également la guerre de l’opium.
Nous sommes en 1839. Le gouvernement Chinois veut lutter contre l’expansion de cette drogue, les Anglais veulent continuer leur nouveau commerce florissant.  La guerre se terminera par l’annexion de HongKong à l’empire Britannique, en 1842. Et il faudra attendre 1997 pour que les Chinois la récupère.


HongKong a donc gagné là un statut d’autonomie par rapport à la République.  Il y a même une vraie frontière qui les sépare.

Justement, on s’y dirige. A notre arrivée à la gare routière côté chinois, une pluie diluvienne s’abat.
Du bus qui nous mène à Nanning on regarde les éclairs déchirer le ciel. Les routes inondées forment des vagues immenses aux passages des camions et viennent s’écraser à mi-hauteur du bus. On apprendra le lendemain que de terribles pluies ont provoqué des inondations et glissements de terres dramatiques, non loin de là.


Le bus que nous avons nous surprend. On s’attendait à un vieux taco et on se retrouve allongé sur notre banquette personnelle avec un oreiller et une couverture. Du trois étoiles pour nous ! On est même ravi d’apprendre qu’ils vont nous servir à manger ! À la vue de la canette que l’assistant nous tend, on est un peu déconfit. C’est bien le repas. Une cannette de…de… bah on sait toujours pas de quoi, mais ce qu’on a vite su c’est que c’est pas bon. Mais bon, si t’as faim tu manges. T’en veux pas ? Bon bah tant pis… On le sait pas encore mais on mangera pas mieux demain !
Et oui, le lendemain on fait la mou devant tous les trucs bizarres qui sont proposés dans les échoppes de rues. On se laisse à goûter quelques aliments qui nous attirent visuellement plus que d’autres. Mais désolé, c’est définitif, on a vraiment, mais vraiment pas le même palais !

 


Nanning


L’hôtel où nous sommes à Nanning est un des plus classe que l’on ai fait. On avait pas vraiment le choix, ils nous fallait avoir une preuve de réservation d’hôtel pour pouvoir obtenir le visa, donc nous avons réservé sur internet pour un prix très raisonnable. Alors on a été très surpris de découvrir un trois étoiles.  Par contre personne ne parle anglais. Les employés de l’hotel sont donc obligés d’appeler quelqu’un (on ne sait pas qui) pour faire l’intermédiaire.  Du coup, il nous est arrivé des situations très cocasses pour se faire comprendre, style faire des grimaces, danser au beau milieu d’un magasin ou encore se lancer dans des mimes à n’en plus finir.

Au restaurant attenant, où l’on se décide à tenter une nouvelle expérience culinaire, en entrant, on ne peut s’empêcher d’avoir la sensation d’entrer dans une cantine. Un brouhaha incroyable règne. Les gens parlent très forts, hurlent dans leur portable, crachent leur nourriture par terre et l’on doit se frayer un chemin à travers l’écran de fumée qui s’échappe des trop nombreuses cigarettes allumées… choc.
 
Le soir venu, dans le hall de l’hôtel, un jeune homme se racle la gorge bruyamment juste avant de sortit un superbe crachat qui viendra s’étaler sur le sol. Il y a des gens autour, mais personne ne semble avoir vu. Ou du moins les gens ne sont pas gênés le moins du monde. Bon bah si ça leur va, ça nous va aussi alors.

 

 

         

 



Dehors, c’est une urbanisation galopante qui construit des dizaines d’immeubles un peu partout. On comprend mieux ce que veut dire « croissance exponentielle de la Chine ».

A la banque où nous nous rendons pour retirer de l’argent, on est accueilli par une charmante réceptionniste qui pousse son boulier de côté (!) avant de nous consacrer toute son attention. Et ici ils ont intérêt. Les employés sont notés par les clients, directement via la machine qui trône sur le comptoir. On est tombé sur une employée 3/5!

La Chine nous surprendra sur pleins d’aspects mais pour l’heure, c’est le Vietnam que nous voulons rejoindre au plus vite, ne bénéficiant que d’un visa d’un mois. On file donc à la gare routière pour attraper un bus qui nous mènera jusqu’à Hanoi.  

 

 

Chine, rendez-vous dans un peu moins de deux mois !