Carnet N°22 : De Delhi au Rajasthan


 

Nous ne connaissons rien de l'Asie, et comme tout le monde, nous en avons des clichés, des préjugés. Dans l'avion qui nous conduit en Inde, nous sommes très excités à l'idée de les confronter. Mais une légère inquiétude se fait sentir, due à tout ce que nous avons pu entendre sur ce pays et le choc qu'il provoque.

Déjà au bout de quelques jours nous savons que c’est trop tard. L’Inde nous a conquis. Elle est entrée dans nos coeurs, nous sommes sous le charme.

 

Delhi


Nous passerons quelques jours dans la capitale, refuge d’environ 35.000 vaches et buffles sacrés, de milliers de chiens errants et de dizaines de milliers de singes sauvages qui ont trouvés refuge dans la ville à cause de la déforestation massive aux environs.

Se balader dans les rues, s'est être assuré d'assister à un spectacle fascinant. Là un homme tire une charge considérable de carton entassée sur la charrette de son vélo. Devant lui, un bus qui déborde d'Indiens libère ses fumées noires. De l'autre côté de la rue un cycliste avance avec un petit singe qui s'agrippe à sa tête. Il double une vache toute zen qui se balade nonchalamment au milieu du trafic intense.
Notre chauffeur de tuktuk s'arrête au stop, laissant là l'occasion pour les Indiens de nous dévisager de leurs grands yeux noirs intenses, l’air très sérieux, nous scrutant de la tête aux pieds comme pour absorber nos traits. Pas le temps d'échanger quelques mots, le tuktuk reprend la route, ou plutôt le jeu de tetris, la règle consistant à s'insérer dans le moindre espace tout en usant et abusant du klaxon pour se faire remarquer des autres.
Sur le trottoir, un homme a le visage couvert de crème à raser attendant que le barbier ait fini d’affûter sa lame. A côté, nos papilles s’émoustillent à la vue d’un homme qui pétrit des galettes et les cuit sur un feu improvisé.

 

 

             

 


Au milieu de tout ce chaos, les femmes traversent la rue presque au péril de leur vie, drapées dans leurs saris qui dévoilent les plus belles couleurs. Tiens, voila un zébu qui rejoint le bal. Il tire une grosse charge, mené en cela par un homme qui porte un turban coloré.
Les motos ont également leur place dans ce trafic. Les femmes sont assises en amazone et agrippent la taille du conducteur tout en se protégeant le visage avec leur étole. Parfois c’est une famille de 4 personnes qui se serre sur la moto.
Toujours dans l'inondation de klaxons et des pots d'échappement nous continuons notre route, émerveillés par toute cette cacophonie. Plus tard nous verrons un éléphant tirer de gros tuyaux au bord de la route. Des familles de singes qui font leurs acrobaties sur les fils électriques qui croisent les rues de manière anarchique. Anarchie. Voilà bien le mot qui nous vient a l'esprit face a tout ce spectacle.


Le stress des occidentaux ? Ah faites nous rire !! Il faut venir ici pour comparer. Car, passé l'émerveillement, il faut bien admettre que tous ces stimuli nous pompent l'énergie.
En y réfléchissant, ce qui peut sembler dur ici, à part le bruit, la pollution et les odeurs que certains peuvent avoir du mal à supporter, c'est ce que nous appelons chez nous le manque de savoir-vivre. Mais qui en fait n'est qu'une différence de culture, de manière de vivre, de vie collective comme parler fort, cracher a vos pieds, pousser ou passer devant dans une queue.
Les gens font leurs besoins sans complexe, n’importe quel endroit plus ou moins discret fait l’affaire ; souvent au bord des voies de chemin de fer (spectacle insolite quand on se prend à rêvasser à la fenêtre du train !)
Egalement, en tant qu’étranger, nous subissons les sollicitations des rabatteurs qui sont prêts à raconter n’importe quoi pour gagner un peu d’argent, on doit toujours négocier les prix fermement pour ne pas se faire arnaquer…



Ravindra, notre hôte, vit à l’extérieur du centre de Delhi. C’est un quartier pauvre bien que lui ait une situation considérée comme confortable. En ce moment le quartier est rempli d’eau à cause d’une canalisation cassée et qui met un temps infini à être réparée. L’électricité saute souvent. Ici pas de touriste. Dès qu’on sort sur le balcon ou dans les rues, tous les regards se tournent vers nous, des gens sortent de chez eux rien que pour nous, s’il vous plait !

Avec Ravindra, nous découvrons la vie quotidienne à l'Indienne : La salle de bains au sol incliné pour permettre à l'eau de s'écouler puisqu'on se lave au pichet d'eau ; le petit robinet stratégiquement positionné sur la cuvette des WC pour nettoyer ses fesses. La main gauche permet de s'essuyer puisque les Indiens n’utilisent pas de papier. La gauche, on a dit ! Ne vous trompez pas car ici on mange avec les mains, ou plutôt la main droite justement. Au début cela demande une vigilance de tous les instants, si, si !!
On se délecte du chaï, le thé indien toujours au lait et très sucré, que son neveu et ses nièces, Meenu, Neha et Pavan viennent préparer dès que Ravindra les appelle. Les aînés sont très respectés dans les familles, on ne les nomme pas par leur nom (ce serait de mauvais augure) mais plutôt « oncle » ou « tante », on vient volontiers leur rendre service dès qu'ils ont besoin… Et pour nous c'est également une position princière puisque l'invité ne doit rien faire. Ce sont donc ces jeunes adolescents  qui nous auront principalement préparés de délicieux plats indiens.  

Shyamali, la compagne de Ravindra porte le lilak, la marque sur le front que les femmes se collent le matin. Il représente traditionnellement le 3e œil de Shiva. L’avoir rouge signifie être mariée et noir, célibataire. Mais aujourd’hui les femmes avouent plus le porter par coquetterie. Certaines portent le bindi, le petit bijou également collé sur le front.  Les saris laissent dévoiler les ventres sans aucun complexe. Par contre, on ne montre pas ses jambes ni ses épaules, ces zones sont, paraît-il, attirantes pour les hommes.  

 

 

                   

 


Côté mode, ces derniers ne sont pas en reste. La grande majorité est très bien habillée et le tee-shirt est souvent remplacé par de très jolies chemises que nous n’oserions sortir que pour une fête ou un entretien d’embauche !

Durant quelques jours, Ravindra nous a fait partager sa passion, l’art. Nous avons écumé quelques galeries et assisté au vernissage d’une exposition du célèbre photographe Raghu Rai… Il nous a également initié à quelques notions de méditation et au yoga, pratique qui a pour objectif de relier le corps et l’esprit grâce notamment à la respiration. Le but étant l’ascension spirituelle.

Pavan termine ses études dans l'informatique. Il espère trouver un travail rapidement dans une grosse boîte européenne ou américaine qui délocalise ses services ici, telles les plates-formes téléphoniques. La main-d’oeuvre est ici vraiment moins chère. Cette situation contribue à creuser encore plus les inégalités dans ce pays où plus de 290 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté.
Alors que Ravindra, en tant qu’instituteur, gagne environ 30 000 roupies/mois (environ 520 euros), un diplômé en master embauché par une de ces entreprise va gagner plus de 10 000 euros mensuelle ! Le salaire moyen des basses classes est de 139 euros.


Ravindra et Shyamali forment un couple atypique. Shyamali est veuve. Normalement selon l’hindouisme, une veuve doit se contenter de porter le sari blanc et vénérer la mémoire du défunt. Nous n’avons pas de mal à penser que la situation n’a pas dû être évidente pour eux au début. D’autant plus que Ravindra est d’une caste inférieure à la sienne.
Mais ils ne sont pas de fervents religieux, Shyamali ayant trop soufferts des divisions et des conflits entre islamiste et hindouiste. Sa famille est originaire du Bengladesh, qui autrefois faisait partie de l’Inde. Ils ont subi les persécutions et l’exil forcé. Elle a donc beaucoup de mal avec les religions, ne comprenant pas l’intérêt de se battre pour ça. Comme elle le dit si bien avec son petit accent indien « Moi j’aime le puri, vous vous aimez les crêpes. Et alors ?». Bah oui, c’est toujours de la nourriture !

Quoi qu’il en soit, l'hindouisme est une religion qui fascine. Le matin les fervents font leur puja (prière) devant un autel installé dans la maison, au travail, dans les temples, les commerces, un peu partout il faut bien le dire.
Ces instants religieux sont présents dans la grande majorité des familles, quelle que soit la caste. Car les Varna, comme on les nomme, sont toujours plus ou moins à la base de la structure sociale du pays, bien qu'elles aient été abolies en 1950 par Nehru. Les Dalits sont toujours considérés comme les Intouchables, les hors castes impurs relégués aux sales boulots, au service des autres...   Aujourd'hui le gouvernement pratique la discrimination positive en leur réservant des postes dans l'administration, des places à l'université...


Les hindouistes croient en la réincarnation (samsara) qui se fait en fonction du karma (bilan des actions et pensées) de la vie présente. Si la personne a été bonne, elle va se réincarner dans une classe plus élevée, inversement si ses actions ont été mauvaises.
Le plus dur à comprendre dans l'hindouisme c'est la multitude des Dieux :  Shiva et son troisième oeil, connu également sous le nom de Nataraja, le danseur cosmique qui a créé le monde en « secouant » le cosmos de ses déhanchements ; Vishnu et ses quatre bras, Bhrama et ses 4 têtes ...  


On flânent dans les bazars, les marchés où chacun est sûr de trouver son bonheur, et on se baladent dans les rues du Vieux Delhi.
Le fort rouge est une bâtisse qui date de l’apogée de l’empire Moghols, (les musulmans qui ont envahis l’Inde vers l’an 1000), tandis que l’India Gate, leur arc de triomphe, a été construit pour rappeler les soldats morts pendant la 1e guerre mondiale.
Dans la ville, on croise un échantillon de la diversité qui peuplent le Nord de l’Inde :  Hindouistes que l’on reconnaît aux couleurs posées sur leur front, signe de la puja matinale ; les bouddhistes et leurs crânes rasés ; les sikhs qui cachent leurs longs cheveux sous un turban et, pour certains, se baladent avec un sabre à la ceinture ; les jaïnistes qui portent un masque pour éviter d’ingérer des insectes et micro-organismes vivants quand ils respirent.


Avant notre départ, nous participons à la fête hindouiste parmi les plus célèbres du pays, Holi, la fête des couleurs. En l’honneur de l’arrivée du printemps les gens s’aspergent de poudre de couleur, parfois mélangée à de l’eau.
La fête offre l’occasion de se délecter de Gujiya, pâtisserie délicieuse consommée uniquement pour cette fête, tout comme le Thandai et le bhaang, boissons aromatisées aux feuilles de majijuana. Et oui, la ganga a commencé originellement à pousser au bord du Gange !
C’est également une opportunité pour se réconcilier avec des ennemis, aller voir des amis perdus de vue…
Avec Ravindra et Shyamali, nous avons fait le tour du quartier et avons été présenté à de vieilles connaissances, bu le thé et avons reçu des poudres de couleurs naturelles sur le visage. Ils nous ont conté l’histoire épique à l’origine de la fête.... Jusque-là tout va bien… Mais en rentrant, les voisins bien déchaînés nous ont trouvé un peu palot. Ils se sont alors chargé de nous colorer à leur goût. Voyez le résultat !
A l’origine les gens préparaient leurs couleurs eux-mêmes, à partir de fleurs, légumes, plantes… Aujourd’hui ce sont plus souvent des produits chimiques qui sont utilisés. Du coup Mélanie s’est retrouvé les cheveux violets qui ont ensuite viré au rose fluo pour enfin s’atténuer en bordeaux. Sympa !



Ladakh


Nous quittons Delhi pour rejoindre Leh, nichée entre les monts Himalayens, dans la vallée de l’Indus (nom du fleuve qui coule depuis l’Himalaya vers la mer d’Oman).

Nous devons rejoindre le Ladakh afin d’y rencontrer le Geres et en savoir plus sur les actions qu’il y mène. Malheureusement les routes pour y accéder sont toujours coupées par la neige. Nous devons nous résoudre à prendre un avion. Le comble pour aller voir l’action que nous avons choisie comme bénéficiaire de la compensation carbone de nos vols !
Au moins cela nous aura permis d’observer l’Himalaya du ciel. Une véritable mer de montagnes aux neiges éternelles s’étend à perte de vue, l’horizon seulement coupé par les quelques pics qui se détachent de cette immensité blanche.

 

 

 



Arriver au Ladakh, le « petit Tibet » comme il est surnommé, donne la sensation de quitter l'Inde. On ne parle plus hindi mais ladakhi, langue proche du tibétain.
La chaîne himalayenne forme une frontière naturelle avec la Chine et le Tibet, née de la cassure d'un bout du Gondwana (bout de terre qui s’est détaché de la Pangée, l'unique continent qu'il y avait sur terre il y a 80 millions d'années). Le bout qui s'est détaché du Gondwana est le futur sous-continent Indien qui est venu se percuter à la Laurasia, le second morceau de la fameuse Pangée. La violence de la collision a fait monter les plaques et formé l'Himalaya pour notre plus grand bonheur.

Le Ladakh fait partie de la région Jammu et Cachemire. Le Cachemire est tristement célèbre de par le conflit indopakistanais.
Il remonte à après le départ des Anglais colonisateur et l’indépendance de l'Inde en 1947. La répartition des frontières du pays n'a pas été tâche facile, et ne l'est toujours pas. Pour résumer, parce que le maharaja de l'époque a pris trop de temps à décider s’il voulait que son territoire appartienne à l'Inde ou au Pakistan, les deux pays se sont fait la guerre et continue d'être en grand froid, pour s'approprier la région. L'Inde refuse un referendum demandé par l’ONU et le Pakistan, étant à peu près assuré de perdre puisque la majorité des habitants du Jammu et Cachemire est de confession musulmane.
La région du Cachemire continue donc d’être divisée entre ces deux pays et certains auront sûrement encore en mémoire la frayeur de 2002 lorsque le monde a évité de peu une guerre nucléaire entre eux. Le Ladakh est encore incroyablement militarisé.

Il y a donc beaucoup de musulmans ici, mais aussi des bouddhistes tibétains, pour la plupart réfugiés. On verra dans les rues, tout comme vous dans les medias, les photos de jeunes monks tibétains tués lors des émeutes à Lhassa. Les bouddhistes manifestent dans la rue en silence, mettent des affiches partout pour marquer leur opposition au gouvernement Chinois…

L’actualité de ces derniers temps a été tristement tournée vers le conflit sino-tibétain, qui a commencé en 1949. A cette date, le nouveau gouvernement communiste chinois décide de « libérer les populations tibétaine opprimée » en étendant sa souveraineté. L’armée chinoise envahit Lhassa dans la violence, faisant 1,2 million de victimes tibétaines et envoyant des milliers d’hommes en camp de travail.  Le chef spirituel du Tibet, le 14ème dalaï-lama, Tenzin Gyatso, s’exile en Inde en 1959, après avoir marché des semaines à travers l’Himalaya. Depuis, de nombreux tibétains ont fait de même.
Le conflit s’éternise. Pourtant aujourd’hui les revendications du dalaï-lama ne sont plus tournées vers l’indépendance mais vers la reconnaissance d’une province autonome « spirituellement » au sein de la Chine.
Avant cette colonisation, le Tibet était considéré comme un pays. Il avait son drapeau et certains possèdent encore leur passeport Tibétain. Malheureusement pour eux, ils vivaient fermé au monde extérieur et n’ont pas eu suffisamment de relations diplomatiques avec l’étranger pour bénéficier d’un quelconque soutien. Nous sommes donc bel et bien en face d’un pays qui a perdu ce statut face à son voisin, qui en a fait une région. Les Chinois reprochent, à tort ou à raison, aux occidentaux d’idéaliser le Tibet et de vouloir occulter la situation des Tibétains avant le contrôle Chinois. En effet, la province était alors une souveraineté féodale, dirigée d’une main de fer par les propriétaires terriens et les prêtres. La justice était faite par le seigneur ou le lama (prêtre tibétain) qui utilisaient fréquemment la torture et les mutilations.  Les Chinois revendiquent donc d’avoir apporté de meilleurs conditions de vie aux Tibétains.

Nos ballades dans la région nous offrent à voir de nombreux stupas ou chorten (monument honorant Bouddha) et des gompas (monastères bouddhistes).

 

 

             

 


Nous essayons d'améliorer notre karma en accrochant des drapeaux de prière sur le Shanti stupa, construit en collaboration avec des bouddhistes japonais pour envoyer un message de paix dans le monde.
Les drapeaux de prières sont censés purifier l'air et pacifier les Dieux. Chaque coup de vent qui fait claquer les drapeaux, c'est autant de prières envoyées dans l'univers.

On voit des hommes et femmes marcher en faisant tourner les moulins qui contiennent plus de mille prières à l'intérieur. En l’actionnant, les Bouddhistes murmurent le célèbre mantra « Ôm Mani Padme Um » (Salut ô joyau dans la fleur de Lotus).

On a toujours une première réaction bizarre en voyant le swastika. C’est une croix avec 4 branches en forme de gamma (la lettre grecque). Elle marque la régénération perpétuelle, le tourbillon créationnel.  
Nous, européen la reconnaissons plus dans sa légère variante, la croix gammée de Hitler. Il paraîtrait qu’il était féru de spiritualité, d’ésotérisme et aura été charmé par le symbole que se partagent les bouddhistes et les hindouistes.


On passera du temps dans les cours du monastère de Thiksey. Le Lama Chamba nous accueillera à chaque fois avec toutes les attentions. Nous y croiserons aussi la route d’un jeune monk (moine) qui nous a invité à boire le thé dans ses quartiers (on apprendra plus tard que c’est interdit pour une femme d’y pénétrer !). Il partage son logement style troglodyte avec deux jeunes élèves d’environ 10 ans. Cela fait cinq ans qu’il a rejoints les monks.
L’origine de sa vocation ? Il adorait la tenue ! Ca casse le mythe du sage qui veut s’élever spirituellement, non ?!
Son frère est militaire, il est venu lui rendre visite. Il insiste pour nous emmener chez lui, à quelques kilomètres. Nous embarquons donc dans sa petite voiture pour qu’il nous offre le thé et nous présente à ses enfants et sa femme.

Le lendemain nous nous levons aux aurores pour assister à la puja matinale. Avant le début de la prière Lama Chamba rempli sa mission de préparer le butter tea, un mélange de thé vert, beurre, sel et lait. Les monks vont le boire en début de prière et l’enrichir de farine, ce qui forme une sorte de bouillie énergétique.

 

 

              

 


La puja commence par les sons envoyés dans les confins de l’Himalaya par les jeunes monks. Ils soufflent à perdre haleine dans les cornes. Puis s’en suivent des mantras, lectures de textes sacrés, entrecoupés de chants qui nous mettent facilement en transe. Les morceaux de musique qu’ils jouent sont également surprenant. Vous pouvez écouter deux extraits de la puja que nous avons enregistré pour vous.

 

Extrait puja 1

Extrait puja 2



Après avoir découvert les actions du Geres en matière d’énergie solaire mais aussi de Norphel qui crée des glaciers pour assurer le succès des récoltes et enfin les élèves de l’école « alternative » Secmol, nous quittons le Ladakh pour retourner dans le tourbillon Indien.

 


Agra, Fatehpur Sikri et le parc Keoladeo


On rentre pour un temps dans l’Uttar Pradesh, l’Etat le plus peuplé du sous-continent.
Nous retrouvons les vaches qui sont tranquillement allongées sur la route pendant que les tuktuk slaloment pour les éviter. Tout vaut mieux que de percuter l'animal, vénéré comme une mère. À tel point qu'on les soupçonne désormais de connaître leur statut sacré. Elles te regardent du coin de l'oeil l'air de dire qu'elles font ce qu'elles veulent ici, sainte vaches qu’elles sont !
Imaginez notre effroi quand on se surprend honteusement a rêver du bon rosbif de maman ! Bien que les plats végétariens nous conviennent très bien puisque c'est toujours un véritable délice. On s'est littéralement jeté sur la nourriture Indienne. Notre palet déjà habitué a manger épicé a vraiment apprécié les rotis et chapatis, (pain local), les puris (beignets frits), les naans, le dhal (lentilles), les currys de légumes, les lassis (yaourts), le kheer, sorte de gâteau de riz aromatisé a la cardamome...

La star d’Agra est sans conteste le Taj Mahal, ce bâtiment blanc surplombé d’un dôme et entouré de quatre tourelles. C’est un mausolée Moghol, où repose la femme défunte du maharaja qui l’a fait construire. Fou de douleur de la perte de son amour (morte en donnant naissance à son 14ème enfant, tout de même !) il a ordonné qu’on lui construise la plus belle des dernières demeure.
Lors de cette balade, quelle n’est pas notre surprise de croiser de manière impromptu, des membres éloignés de la famille de Jean-François. Ca fait tout bizarre de revoir des connaissances par hasard à l’autre bout du monde ! Si on avait su on leur aurait commandé du saucisson !

Nous continuons la route avec Jean-Daniel, Français avec qui nous avons fait un bout de chemin, notamment à Fatehpur Sikri, lieu de vestige de la dynastie Moghols.  
Nous rejoignons ensemble le parc national Keoladeo, grand centre de nidification pour plus de 360 espèces d’oiseaux qui viennent d’Afghanistan, du Turkménistan, de la Chine, la Sibérie… Malheureusement les faibles moussons de l’an dernier font que les oiseaux d’eaux migrateurs y viennent de moins en moins nombreux. L’occasion pour Jean-François d’observer des grues (Grus Antigone), des familles de macaques, des biches….. Une petite balade à vélo très agréable. Jean-François ayant crevé, il a fini le parcours avec sa bicyclette sur le dos, ramené à l’entrée dur parc par un motard !
Nous quittons là Jean-Daniel qui va partir s’isoler quelques jours dans un ashram, lieu de méditation hindouiste. Au programme, prières, méditation, silence absolu, abstinence tabagique, alcoolique, sexuelle, pas de lecture, d’écriture ni de musique… Bonne retraite !

 


Jaipur


On rentre dans l'état du Rajasthan, le pays des contes des milles et une nuits, des maharajas, leur palace, les histoires de harem, de chasse aux tigres... C’est également la terre historique des Rajputs, ces guerriers et seigneurs féodaux réputés pour leur violence.

Première étape, Jaipur, la ville rose. Elle a été entièrement peinte de cette couleur en 1816 par un maharaja qui voulait accueillir le Prince-de-Galles dignement. Bah voyons !
Nous rencontrons nos premiers chameaux, la tête relevée comme s’ils avaient pris des cours de maintien avec la baronne de Rothschild, arborant un léger sourire qui leur donne un air supérieur. On y croise aussi des éléphants, parfois très colorés et les inévitables charmeurs de serpents.

 

 

             



Nous prenons le temps de visiter quelques palaces. Beaucoup d'Indiens s'y bousculent et, en plus de s'intéresser à la visite, passent beaucoup de temps a nous dévisager sans honte et veulent nous prendre en photos. Certains le font discrètement, d'autres nous demandent de poser à leurs cotés ! Un enfant est même venu toucher les pieds de Mélanie d'une manière très solennelle, poussé en cela par ses parents qui nous regardent avec un grand sourire. On n’a pas trop compris ce qui s’est passé, mais on sait que les pieds sont pour eux une partie très respectée du corps, donc Mélanie a été honorée de ce geste !

La chaleur augmente et devient de plus en plus insupportable. On meurt très souvent de soif et l'eau est un vrai problème ici. On utilise le plus souvent les pilules purifiantes afin d'éviter la consommation de bouteilles plastiques. Mais à la longue, le petit goût de javel nous fait passer l'envie de boire. Résultat on oublie carrément de s’abreuver. Grave erreur qui aura coûté a Mélanie une vraie déshydratation. Après plusieurs jours passé alitée, les batteries littéralement a zéro, il aura fallu un petit tour a l'hôpital pour être réhydratée par une perfusion. L'occasion de faire un petit tour a l'hôpital public, glauque à souhait. Dès l'entrée, on a envie de faire demi-tour en voyant des corps allongés sur une civière, dont on ne sait pas s'ils sont encore en vie. Sans un mot le médecin nous sort une aiguille. « Euh là, stop, j'crois que ça va mieux, faut qu'on y aille là ». Mais le mal-être est plus fort et l'aiguille, sterile. Le lendemain l'énergie est de retour. La route peut reprendre.

 


Pushkar


La ville est un haut lieu de pèlerinage pour les hindous. Au petit matin les villageois se rassemblent sur les ghâts qui descendent vers le lac. Ils s'aspergent le corps de cette eau verte sacrée. Hommes et femmes partagent ce moment. Le plus surprenant aura été de voir des femmes ôter devant nos yeux écarquillés de surprise, le haut de leur tenue, libérant ainsi leur poitrine aux yeux des hommes.

 

 

 


C’est aussi dans cette ville sacrée que nous fêterons l’anniversaire de Mélanie. Joli cadeau qu’un petit massage des pieds. Un instant de réflexologie par des mains expertes qui fait le plus grand bien !

  

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