Zoom sur le bilan et la compensation carbone
Prendre sa voiture, une douche, acheter un produit, partir en vacances…Chaque geste de notre quotidien, en tant qu’individu ou entreprise, induit une consommation carbone. C’est un peu l’équivalent de l’empreinte écologique dont nous vous avions déjà parlé. Cette dernière se compte en nombre d’hectares alors que le bilan carbone se compte en nombre d’émissions de CO2 (gaz carbonique).
Le bilan carbone : un outil pour connaître l’impact de son mode de vie sur le réchauffement climatique
Le bilan carbone est un outil développé par l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, qui permet de comptabiliser ses émissions de gaz à effet de serre.
L’objectif est de permettre, à partir de données facilement disponibles, une évaluation des émissions directes ou induites par une activité.
Le bilan carbone a été relancé avec les discussions du Grenelle de l'environnement dont les conclusions ont été adoptées par le gouvernement français le 25 octobre 2007.
Le gouvernement souhaite que d'ici 2009/2010, 90.000 produits de la grande distribution aient un affichage de leur "contenu en carbone partiel".
Un outil pertinent, à condition qu’il prenne en compte tous les éléments qui vont influencer sur la valeur carbone : transport pour l’acheminement, emballage, émissions provoquées par la fabrication, l’utilisation du produit…
Le Grenelle prévoit également que toute entreprise de plus de 50 salariés devrait avoir fait un Bilan Carbone.
A côté des entreprises, les particuliers sont également invités à faire leur bilan. C’est pourquoi le Bilan Carbone Personnel a été développé en 2007 par l’ADEME et l’association Avenir Climatique.
Cet outil permet de faire une estimation de la quantité de gaz à effet de serre que nous émettons chaque année dans l’atmosphère en fonction de notre mode de vie. Ces émissions sont organisées en quatre catégories :
- Le logement : construction, consommation d'énergie, équipements…
- Les déplacements,
- L’alimentation,
- Le reste, c'est-à-dire toutes les consommations - biens manufacturés, loisirs - non pris en compte dans les trois catégories précédentes.
La compensation des émissions de CO2 dues au transport
Le bilan carbone qui connaît actuellement le plus de succès concerne les transports. Nous avons nous-mêmes réalisé un bilan carbone de nos déplacements avion durant notre voyage. Le nombre d’émissions est converti en argent que l’on peut verser à différents projets qui permettent de réduire les émissions de CO2. C’est le cas des projets de développement de l’énergie solaire.
Pour ce bilan, nous avons fait appel à CO2 solidaire qui dispose d’un outil simple et fiable pour calculer ses émissions.
Cet outil peut être utilisé par les particuliers, entreprises, institutions et collectivités.
Le marché du carbone : « Tu n'as pas utilisé ton droit à polluer ? Moi je te l'achète »
À côté du bilan et de la compensation carbone se développe, à l’échelle internationale, le marché du carbone.
Ce marché permet aux pays industrialisés d’acheter et de vendre des crédits d’émissions entre eux ou avec des pays en voie de développement.
L'European Climat Exchange est la bourse européenne du carbone.
L'union européenne applique des règles destinées à réduire les émissions de dioxyde de carbone, l'une des causes du réchauffement de la planète.
Les entreprises des états membres ont l'autorisation d'en émettre une certaine quantité. En cas de dépassement, elles peuvent acheter des crédits à des firmes qui n'ont pas atteint leurs quotas. Près de 1,6 milliard de tonnes d’émission de carbone ont ainsi été échangées au sein de l'union, soit 28 milliards d’euros.
Ces chiffres montrent que l’échange des émissions de gaz à effet de serre devient un véritable marché de matières premières. Les experts prévoient d'ailleurs une explosion de l’échange d’émissions de carbone d’ici 2020.
Il est réellement satisfaisant de noter que le changement climatique devient une vraie préoccupation pour tout le monde. Mais il existe des conséquences potentiellement négatives, tant a la compensation qu'à la bourse carbone.
Les effets pervers de la compensation et des crédits carbone
Le danger est que ces nouvelles pratiques ne servent qu’à soulager une conscience mise à mal par une préoccupation écologique de plus en plus prégnante et que rien ne soit fait pour limiter les émissions.
En effet, la compensation n’a de sens que si elle s’inscrit dans une démarche de réduction de notre empreinte écologique.
Il faut bien comprendre que le marché du CO2 n’est pas la reconnaissance d’un « droit à polluer » mais plutôt d’un « devoir de payer pour polluer ».
Partant du principe que toucher au portefeuille fait toujours mal, un jour viendra peut être ou le coût de la tonne carbone sera tel que l'impact sur les budgets n'offrira d'autres choix que de réellement changer les comportements et réduire les émissions a la source.











