Chewang Norphel : Des glaciers artificiels pour pallier les conséquences du réchauffement climatique


 

Le Ladakh, niché au creux des montagnes himalayennes, est une région réputée pour la rudesse du climat qui oblige les Ladakhis à s’adapter pleinement aux conditions que la nature offre.

 

 


Un mode de vie pleinement adapté à la rudesse du climat



L’hiver, les températures peuvent descendre jusqu’à moins 40°C, la région est coupée du monde, excepté par les quelques avions qui désormais relient Leh à Delhi.

Le printemps et l’été venu, de courte durée, la vie germe un peu partout. Les cultures sont soignées en attendant la récolte, les femmes s’affairent aux champs, récoltent la bouse de yak qui fera un très bon combustible, font des conserves pour l’hiver… Le tout est de s’assurer une alimentation suffisante pour les longs mois « d’hibernation ».

 



Quand le réchauffement climatique empêche l’irrigation des terres



On comprend aisément que la terre cultivable soit le bien le plus précieux des Ladakhis… Au même titre que l’eau ! Au printemps tous les regards se tournent vers les glaciers qui, par leur fonte, vont apporter l’eau tant espérée pour l’irrigation des terres et assurer la culture du blé et de l’orge.

Mais depuis les dernières décennies, les Ladakhis peuvent témoigner du changement climatique. Les chutes de neige se font moins abondantes et fondent rapidement, les rivières diminuent, les glaciers d’altitude ont grandement perdu de leur superficie et fondent beaucoup plus tardivement, irriguant donc les terres trop tard dans la saison.

 

 

               

 

 

 


La création de glaciers artificiels pour assurer le succès des récoltes

 


Face à ce problème, Chewang Norphel, ancien ingénieur développement rural pour le gouvernement, a mis en marche son imagination pour tenter de remplacer les glaciers qui fondent trop tardivement ?


Il retourne la question dans tous les sens quand soudain la réponse est là, devant lui. Dans son jardin, il voit qu’une petite flaque d’eau, avec le froid qui arrive, se transforme en glace et fond dès que les températures augmentent.

Pourquoi ne pas créer des grandes flaques d’eau en basse altitude qui vont geler l’hiver venue et rapidement fondre aux premiers beaux jours ?!!

Nous sommes en 1987, Norphel va créer son premier glacier artificiel !

Après avoir choisi méticuleusement un endroit suffisamment ombragé, il détourne l’eau d’un ruisseau en aval à l’aide de tuyaux, construit des digues de pierre à intervalles réguliers et crée ainsi des petits bassins dont l’eau va geler aux premiers froids.
Au mois de mars, avec l’augmentation des températures, la glace commence à fondre et l’eau s’écoule vers les champs.

 

 

 

                   

 

 

                 

 

 


Nous vous invitons à voir cette vidéo réalisée par France 2 afin de mieux comprendre le dispositif : Glaciers artificiels au Ladakh


En 2007, ce sont 10 glaciers qui ont permis aux agriculteurs d’assurer le succès de leur récolte !

Pourtant au début de la mise en œuvre de son projet, les gens prenaient facilement Norphel, enfant du pays, pour un fou. Il a donc organisé des réunions avec les villageois afin que ceux-ci comprennent bien l’idée, sa simplicité et son faible coût (90000 roupies soit environ1500 euros pour un glacier). Petit à petit l’enthousiasme a gagné les troupes et les habitants ont participé aux constructions.

Mais « l’homme des glaciers », comme les habitants aiment à l’appeler, ne veut pas s’arrêter là. Il souhaiterait que chaque village de la région dispose de son propre glacier, soit 112. Il ne lui manque que les financements, difficiles à faire tomber.

 

 

               



Pour cela cet incroyable écocitoyen de 72 ans compte sur la médiatisation. Il veut que le monde s’ouvre sur les conditions de ceux qu’ils nomment « les oubliés de l’Inde ». Petit à petit il réussit à faire parler de son projet et à même été récompensé du prix « Real Heroe » par CNN en 2007.

Espérons que cela lui permettra de trouver les fonds pour continuer à créer de la glace et assurer la pérennité des cultures et donc la suffisance alimentaire pour les Ladakhis.

 

 

 

« Quand nous naissons en tant que membre d’une société, nous nous devons d’aider les autres »

 

Chewang Norphel