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On découvre la petite capitale, ses temples, son palais royal, les portraits géants du Roi et de la Reine sont affichés un peu partout.

On se laisse déambuler à travers les étales des marchés, un de nos endroits de prédilection pour plonger dans le pays et découvrir les spécialités culinaires. Mais en découvrant une crêperie on ne résiste pas à l’idée d’aller manger une galette bien de chez nous. Et une bonne s’il vous plait, avec un chef formé en France ! De quoi rebooster le moral. On ne se savait pas si dépendant de la cuisine française, mais c’est bel et bien le cas…mais comme beaucoup de Français d’ailleurs. On a même acquis une solide réputation auprès des voyageurs d’autres nationalités qui s’accordent tous à dire qu’on est intarissable sur notre « bouffe », un brin chauvin. On plaide coupable !

Sihanoukville et notre petite philosophie du voyage
Mais encore tout retourné de notre séjour au Vietnam, on ressent toujours le besoin d’aller se reposer un peu, de faire le point sur ces dernières semaines qui ont été difficiles. Pour cela, direction la côte, Sihanoukville et ses plages de rêves.

Mais arrivés dans cette petite ville, tout de suite on sent un truc bizarre. Une atmosphère particulière et dérangeante. Dans notre hôtel, de nombreux touristes occidentaux dans la fleur de l’âge. Au-dehors de nombreuses jeunes filles tournent autour de l’hôtel. Le soir venu, dans les rues c’est un défilé de couples. Au commerce du coin, le rayon le mieux aprovisionné est celui des lubrifiants, pilules magiques et préservatifs de toutes les couleurs. Bon c’est déjà ça, l’endroit semble être un lieu de tourisme sexuel, mais au moins ils se protègent ! Une raison de plus pour avoir un coup au moral. Et oui, c’est jamais évident de constater des problèmes et de se sentir impuissant.
Et c’est là qu’on se retrouve sur le balcon de notre bungalow, à réfléchir sur le voyage et la vie en général.
On se rend compte des fantasmes dont font l’objet beaucoup de destination. Tu t’accroches à des noms comme Hanoi, Katmandu, Cap de Bonne-Espérance, Cusco…et tu t’imagines pleins de chose. La réalité est toujours différente. Vivre un lieu est toujours différent. Tu partages le quotidien, tu t’installes dans les règles de vie du pays… Tu le vis le pays, donc il fait moins rêver. Il se réalise à tes yeux.
Et si la magie indienne et népalaise nous ont bien appris une chose c’est que dans la vie, tout est question de point de vue, de manière de porter son regard. Donc tout vient de nous et est en nous. Du regard que l’on porte aux situations découle notre manière de réagir, d'affronter ces mêmes situations. Et pour le Vietnam, notre état d’esprit n’y était peut-être plus.
Car finalement, l’Etat d’esprit, c’est ce qui fait la différence. Pour être ouvert et apprécier les plus petites comme les plus grandes choses de la vie, il faut se débarrasser de ses peurs, de ses préjugés, de son impatience, de son envie de maîtrise… Il faut composer avec qui on est, s’arranger avec soi-même. Le voyage, le VRAI, le plus beau, c’est ton évolution personnelle, un voyage à l’intérieur de soi…arriver à être libre dans ta tête.
Également, des situations avec les Vietnamiens nous ont fait plus d’une fois nous énerver intérieurement et même, une fois sortir de ses gonds pour Mélanie. Ce sont des situations où on perd patience face à leur illogisme, ce qu’on prend pour de la bêtise parfois, avouons-le. Mais à y réfléchir de plus prêt, avec le recul, on arrive à trouver une explication à tout cela. Et oui des décennies et des décennies de conflit n’ont pas fait que tuer ou blesser. Cela bouleverse toute une société et son système. Les jeunes, au lieu d’aller à l’école, sont partis au front, ont perdu leurs parents, repère éducatif dans la vie d’un enfant. Ce sont plusieurs générations qui n’ont pu grandir « normalement ». Au Cambodge c’est pareil.
On réalise pleinement que l'école ne sert pas seulement à apprendre à lire et à compter, à connaître quel roi régnait sur la France ou l'Angleterre en telle année. Ça ne te sert pas seulement à accéder à un super métier qui te rapportera de l’argent.
Ça te sert avant tout à te servir de ton cerveau, lui faire faire sa gymnastique pour qu'il apprenne à faire des connexions, que l’on réfléchisse par nous-même, savoir faire des déductions face à telle situation. Tu peux avoir un petit boulot qui ne nécessite pas de grandes connaissances ni faculté mais tu auras toujours besoin de tes capacités de déduction, d'analyse, de réflexion pour faire des choix dans ta vie.
Et pour ça l'éducation joue un rôle primordial. D'abord celle de tes parents qui choisissent de te transmettre l'éducation qu'ils ont eu, qui te véhicule leurs connaissances, leurs manières de faire. Après c'est l"école qui t'enseigne des choses pratiques mais qui derrière le basique 2+2 t'apprend que la vie est une suite d'équation à résoudre virtuellement. Des choix à faire en fonction de différents paramètres, des choix mathématiques mais aussi émotionnels.
Après l'école, c'est toi et la socialisation qui te permet d'avancer; les amis, les médias, les voyages, les livres…
Nous, on est tellement habitué à être stimulé intellectuellement qu’on oublie que ce sont ces stimuli, cette éducation familiale, scolaire qui repoussent nos limites intellectuelles, qui accroît nos connaissances mais surtout notre capacité d’analyse, notre jujotte en somme.
Ici, les guerres ont détruit tout cela. Tout est à reconstruire, mais les moyens n’y sont pas et cela ne se fera pas en 2 ou 3 générations, il faudra vraiment du temps et de l’investissement.

Ces belles réflexions, les quelques jours de pures détentes et la rencontre de Tim qui nous a parlé du biocarburant nous ont remis de l’énergie en stock.
On repart vers Phnom Penh pour enchaîner le lendemain par 6h de bus, direction Siem Reap.
Angkor
Porte d’entrée du site archéologique d’Angkor, Siem Reap est également le lieu de nos rencontres avec deux associations : Krousar Thmey qui vient en aide aux jeunes atteints de surdité et de cécité et Osmose qui s’est donné pour mission de contribuer à protéger le plus grand lac d’eau douce d’Asie du Sud-est.
A côté, nous prenons le temps de découvrir les temples d’Angkor, l’ancienne capitale de l’Empire Khmer (attention, ne pas confondre avec les Khmers Rouges) qui domina sur le pays du IXe au XVe siècle.

Ces ruines enfouies sous la végétation tropicale sont des restes de temples Hindouistes et sont devenu célèbres entre autre grâce au film Tomb Raider, tourné ici. Venus tôt pour admirer le levé du soleil et de la brume, on se laisse envoûter par ces visages de pierre qui nous regardent du haut de leurs milliers d’années.

A certains endroits, les singes ont pris possession des lieux et on les voit se promener le long des ruines. En sortant d’un des temples, Mélanie sent que quelque chose tire son sac plastique, qui contient le pique-nique.
Elle se retourne pour découvrir la face d’un macaque peu amical qui plante ses yeux dans les siens, avec un air de défi et persifle entre ses dents. Tellement défiant que Mélanie abandonne directement le combat et lâche brusquement le sac en laissant échapper un petit cri qui alerte JF. Lui n’entend pas laisser partir le sac comme ça. On rigole pas avec sa bouffe, et là c’est le pique-nique qui s’en va ! Il reprend rapidement un bout du sac.
Le singe et JF sont maintenant l’un en face de l’autre, chacun agrippant solidement sa main au sac plastique. Le singe regarde Jean-François et pousse soudain un gros cri en montrant ses dents. Un éclair de surprise et d’hésitation passe dans les yeux de JF. Mais il reprend très vite ses esprits. Lui aussi se met à pousser un grand cri en le défiant du regard. Et là c’est au tour du singe d’avoir un éclair de surprise dans les yeux. Un coup de pied tapé violemment au sol finira de lui faire comprendre qui est le chef. Ouf ! On a échappé à un combat de mâle qui s’avérait sanglant.

Il nous faut maintenant quitter le Cambodge. On sait jamais…le singe pourrait ramener des potes pour avoir sa vengeance ! Direction la Thaïlande.
Un petit bout de Thaïlande
C’est donc après une demi-journée de transport, sur une grosse portion de route de terre qui nous a laissé tout poussiéreux, que nous quittons le Cambodge et arrivons en Thaïlande.
Le temps de reprendre une correspondance et c’est bien fatigué que nous arrivons, à la nuit tombée, à « Krung Thep Mahanakhon Amon Rattanakosin Mahinthara Ayutthaya Mahadilok Phop Noppharat Ratchathani Burirom Udomratchaniwet Mahasathan Amon Piman Awatan Sathit Sakkathattiya Witsanukam Prasit » ou Bangkok si vous préférez !
Mais ce n’est pas le moment d’écouter sa fatigue, nous voilà dans la tentaculaire mégalopole, sans réservation d’hôtel ni même savoir où aller.
Heureusement l’union fait la force et, avec Anne-Laure et Matt, deux voisins qui viennent de la Paquelais et Blain, on réussit à se dénicher un tuk-tuk qui nous mènera en ville. On se passera une petite soirée de détente dans un bar de Bangkok. Et une petite soirée aura été suffisante pour constater à quel point la prostitution marche bien ici. De nombreux occidentaux s’affichent sans complexe aux bras de jeunes thaïlandaises, jupes un peu trop courtes et visages un peu trop fardés… mais pas assez pour cacher leur jeunesse.
Le lendemain matin, on se prend un tuk-tuk pour parcourir les différents monuments qui s’étendent autour du quartier. Petit condensé de Bangkok en quelques heures : le palais royal, le temple de la montagne d’or, des Wats (monastères bouddhistes)…

Notre chauffeur est sympa et conduit pas trop mal dans ce trafic de fou. En tout cas, le tuk-tuk a du coffre et on se croirait parfois au beau milieu d’un jeu vidéo. Après quelques kilomètres et monuments, il nous demande si on serait OK pour s’arrêter dans un magasin ou deux, juste pour regarder les vêtements. On a pas l’obligation d’acheter et lui gagne des bons d’essences. Du coup il nous ferait la course gratuite. Mais petit coquin, il nous avait pas dit que sitôt ces deux magasins visités, il profiterait que l’on soit parti visiter un temple pour se faire la malle !
L’heure est définitivement venue de partir se ressourcer dans la nature. Dès le lendemain, on prend un bus direction le parc Khao Yai, situé sur la route qui va nous mener au Laos. Lors de nos randonnées, on y verra des Gibbons, des serpents, scorpions, des oiseaux tels l’incroyable Calao (Buceros bicornis) ainsi qu’un impressionnant nuage de plus d’un million de chauves-souris qui, le soir venu, sortent de leur grotte pour chasser et se délecter d’insectes.

Mais la star pour nous sera l’éléphant. Après quelque temps de prospection dans notre pick-up, on croise un groupe de voitures déjà arrêtées. Et là, effectivement, malgré la pénombre, on distingue bien le pachyderme qui se délecte de petits arbustes.
Un grand moment, notre premier éléphant d’Asie qui vit en liberté et n’est pas exploité par l’homme pour transporter de lourdes marchandises ou les postérieurs des touristes.
Après quelques jours de détente, on prend un train où nous passerons la nuit. Au petit matin, on arrive à la frontière. On franchit donc le pont de l’amitié qui nous mènera au ord Laos.
On sait que la Thaïlande était une parenthèse dans notre parcours d’Asie du Sud-est. En tout cas nous aurons eu le temps de constater le contraste avec ses voisins. Un pays plus développé, où l’on trouve des superettes de chaînes internationales à tous les coins de rues, des bus très confortables, certains 3 étoiles (c’est-à-dire customisés, avec des rideaux à froufrou on ne peut plus kitch, et une télévision qui hurle de la musique), des habitations plus conforts, une eau du robinet redevenue potable…
Le Laos, pays un des plus pauvre d’Asie du Sud-est va nous plonger dans un tout autre univers.
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