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La dictature des khmers rouges puis la guerre contre le Vietnam (voir notre zoom sur l'histoire) ont laissé le peuple Cambodgien dans de grande souffrance. Comme dans toute guerre, les enfants sont une population très touchée par ses conséquences.
Krousar Thmey naît en 1991, d'une initiative franco-cambodgienne, dans les camps de réfugiés de la frontière thaïlandaise. Elle recueille alors les enfants abandonnés ou orphelins puis assure leur rapatriement au Cambodge.
Aujourd’hui, première Fondation Cambodgienne d'Aide à l'Enfance Défavorisée, Krousar Thmey ("Nouvelle Famille" en khmer) apporte aux enfants cambodgiens défavorisés un soutien matériel, éducatif et social en harmonie avec leur environnement, dans le respect de leurs traditions et de leurs croyances.
Ses multiples actions se concentrent autour de deux pôles majeurs, la protection des enfants des rues, victimes de prostitution et de trafic et l’aide aux enfants atteints de surdité et cécité.

La protection des enfants des rues, victimes de prostitution ou de trafic
Les enfants des rues vivent sans repères, sont non scolarisés, en rupture avec l’environnement familial. Ils survivent grâce à la mendicité, aux petits boulots et à la délinquance. Ils sont souvent regroupés sous la coupe de « grands frères » qui les exploitent et leur revendent de la colle qu’ils inhalent en échange de leur protection. Ces enfants sont arrivés dans les rues soit à cause d’une situation familiale difficile (pauvreté, instabilité), soit à cause du trafic en vue de la mendicité et la prostitution.
Sortir les enfants des rues pour les réintégrer dans la société
Les accueillir dans un des quatre centres d’accueil temporaires
Sortir un enfant de la rue requiert une persévérance et un suivi sans faille. Les éducateurs de KM vont à la rencontre des enfants, les écoutent et les conseillent.
Les enfants qui l’acceptent sont accueillis pour une période de 3 à 6 mois, dans des centres temporaires où ils peuvent se nourrir, se laver, s’instruire et dormir. Ils retrouvent le chemin de la dignité. Les enfants restent 3 à 6 mois dans ces centres, le temps qu'ils se stabilisent et que les éducateurs étudient leur situation familiale.
50 % des enfants sont réintégrés dans leur famille
La priorité est mise, avec l’accord de l’enfant, sur sa réintégration dans sa propre famille. Les équipes identifient, localisent et rencontrent la famille, lorsqu'elle existe. Si besoin est, un programme de soutien est mis en œuvre afin qu'elle puisse assumer son enfant et un suivi régulier est assuré.
L’autre moitié est accueillie dans un foyer
Lorsque la réinsertion de l'enfant dans sa famille n'est pas possible, il est dirigé vers des structures d'accueil où il vivra au sein d'une "nouvelle famille" jusqu'à son autonomie complète.
11 maisons familiales offrent chacune à une dizaine d'enfants, victimes d’épreuves extrêmement traumatisantes, les conditions d'une vie stable et équilibrée. Les enfants y sont élevés par un couple cambodgien de parents adoptifs. Les maisons sont anonymes et les enfants sont scolarisés dans l’école du village. Leur vie est ainsi complètement similaire à celle d’une vie famille Khmère « classique ».
Trois centres de protection accueillent chacun une quarantaine d'enfants. Ils sont scolarisés dans les écoles publiques du village pour favoriser leur intégration locale. Pour développer le sens des responsabilités ils s’impliquent activement à la vie du centre.
La prévention pour faire prendre conscience du devoir de protection envers les enfants
Des campagnes de prévention contre le trafic et la prostitution sont régulièrement organisées.
Également, un dimanche sur 2, 40 jeunes se déplacent dans l'ensemble du pays, ciblant les zones les plus affectées par ces fléaux, afin de proposer aux villageois des danses traditionnelles et une pièce de théâtre mettant en garde contre les risques de trafic et de prostitution.
Dans une logique différente, le village Krousar Thmey de Poïpet permet de soutenir des femmes seules, sans ressources et ayant à charge de nombreux enfants. Ce sont ainsi 20 familles, soit près de 100 enfants, qui ont reçu les moyens de reprendre une vie normale (logement, terre, outils,...) et qui vivent désormais de façon autonome, répartis dans 25 maisons individuelles.
Soutien à l'éducation des enfants aveugles ou sourds : De l’enfant isolé à l’adulte intégré dans la société
Le pourcentage de personne handicapée au Cambodge par rapport à la population totale est l’un des plus élevés de toute la planète. Les enfants sont particulièrement touchés puisqu’ils représentent 21% des cas.
Aujourd’hui entre 10 000 et 20 000 enfants sont atteints de surdité et/ou cécité dans un pays qui ne met en place aucune infrastructure pour les intégrer. A ce jour, toutes les écoles au Cambodge pour enfants sourds et aveugles ont été gérées par Krousar Thmey.

Proposer un accueil scolaire adapté aux enfants à travers des classes et des écoles spécialisées
38 classes dédiées aux enfants sourds ont été ouvertes dans les écoles publiques de 12 provinces. Résultat, 274 enfants sourds vont à l’école tous les jours. L'acceptation des handicapés par la société khmère est ainsi encouragée à travers tout le pays.Dans un souci constant de sortir les enfants handicapés de leur exclusion les enfants peuvent recevoir une formation gratuite à la langue des signes.
7 classes spécialisées ont été crées pour enfants aveugles, également réparties dans les 12 provinces. En échange d’un complément salarial aux professeurs et en assurant leur formation, les enfants peuvent êtres scolarisés dans la même école que leurs frères et sœurs. Cette politique pousse les infrastructures nationales à accueillir les enfants handicapés ce qui naturellement fait évoluer les mentalités.

En parallèle de favoriser l’ouverture de classes spécialisées en écoles ordinaires, Krousar Thmey a ouverts des écoles spécialisées. Environ 744 enfants sont scolarisés dans ces écoles. Le programme scolaire appliqué est identique aux programmes officiels tout en étant adaptés au handicap.
En outre, l’équipe a crée un braille Khmers, une langue des signes khmers et a édité plusieurs manuels scolaires de l’Education Nationale en Braille

Favoriser l’insertion professionnelle…
Les jeunes sont orientés vers des formations professionnelles. En partenariat avec les artisans d’Angkor, les jeunes peuvent choisir une formation dans la musique, le tissage, les massages, l’informatique, la peinture sur soie, la sculpture…Des domaines où ils excelent ! Ils sont ensuite employés par les artisans.
Ainsi que la transmission du patrimoine culturel khmer
A travers toutes ces actions, Krousar Thmey veut favoriser le développement culturel et artistique des jeunes générations Cambodgiennes.
Dans chacun des centres de protection, les enfants ont formé leur propre troupe de danse et de musique.Grâce à leurs efforts soutenus, les enfants offrent des spectacles d'une qualité exceptionnelle: petits artistes reconnus, ils sont souvent sollicités pour des représentations officielles, des fêtes nationales, des inaugurations d'événements, etc. Cela les aide à retrouver une dignité.

L’école d’Arts et de Culture Khmers, référence dans le milieu artistique du pays, a été ouvert ses portes en 1996, sous l’impulsion de Krousar Thmey.
Chaque année plus de 1000 enfants y reçoivent une formation en dessin, sculpture, musique, danse ou théâtre d’ombres, tradition ancestrale du pays.
Les activités culturelles et artistiques permettent aux enfants de s’épanouir, tout en les conduisant à redécouvrir la richesse du patrimoine khmer. Ces expressions artistiques aide également les enfants à surmonter les difficultés de leur vie. Les enfants y trouvent un formidable moyen de communication et d’expression : musique pour les aveugles et danse pour les sourds.
L’aide que Krousar Thmey apporte repose sur un développement à long terme qui s'attache à ne crée ni privilégiés, ni assistés, ni disparités avec l'entourage.
L’aide apportée doit guider l'enfant sur la voie de son épanouissement afin qu'il devienne un adulte responsable, pleinement intégré dans la société.
Un succès jusqu’à maintenant !
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