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Et comme l’eau appelle l’eau, on a décidé de refaire une petite incursion sur la côte pour profiter une dernière fois des Caraibes.
Nous n’irons pas jusqu’à Cancun, station balnéaire pour riches américains que nous avons peur de ne pas supporter. Nous nous arrêtons donc à Playa del Carmen pour explorer les fonds marins avec les palmes et le masque. Là nous avons l’occasion de partager les eaux avec quelques tortues. Quelle beauté que de pouvoir les suivre sur quelques mètres et les voir avancer nonchalamment de touffes d’algues en touffes d’algues. Les poissons nous montrent également leurs plus belles couleurs et déjà nous avons nos petits préférés !
Notre prochaine halte sera pour le site de Chichen Itza, principal centre religieux Maya de la péninsule. Nous sommes un peu déçus de ce site, très touristique et qui nous semble bien fade et peu verdoyant comparé à Tikal.
Deviendrions-nous des voyageurs blasés de voir tant de choses ? Est-ce qu’un jour on se lasse de découvrir toujours et encore ?
En tout cas, même s’il nous arrive de faire la mou devant la énième église coloniale, on sent profondément qu’on en est pas encore là et on prend toujours autant de plaisir. On a trouvé notre rythme, nos habitudes, nos rôles.
Arriver dans une nouvelle ville avec le bus, remettre nos sacs sur le dos, sortir de la gare (ce qui peut se révéler être une vraie aventure !), négocier le taxi (c’est fou l’inflation des prix quand on est étranger), traverser la ville inconnue le nez collé à la vitre, encore un peu hagard et souvent stressés de ce moment passé, trouver un hôtel, un camping (on ne réserve quasiment jamais), et enfin … se poser !
Le voyage nous demande également d’être organisé sur place, des trucs tout simples du quotidien mais qui se transforment en acte pensé à l’avance ( comme laver son linge ou le donner à laver, retirer de l’argent et combien en fonction du temps qu’il nous reste dans le pays, avoir un œil sur le planning à suivre, prévoir où on va pouvoir accéder à internet et travailler sur le site, fixer les rendez-vous avec les personnes que l’on doit rencontrer…).
Depuis 6 mois, nous vivons 24h/24 ensemble, on travaille, on prend plaisir, on vit dans une perspective de lendemain inconnu ou presque… c’est comme si on jouait une partition ensemble …avec des fausses notes parfois !
Des moments durs on n’en a pas eu réellement. Le vol n’a pas été très plaisant mais c’est surtout les répercussions que ça a eu sur notre planning – pas avoir profité suffisamment du Pérou - qui nous ont vraiment embêtées.
Les moments les plus difficiles sont quand il faut quitter un endroit où on se sentait vraiment bien, où on avait des amis, des affinités particulières avec le lieu, les gens.
Mais c’est aussi ça le voyage: savoir reprendre la route toujours et encore…bien que ça nous ait pas empêché de décaler plusieurs fois nos dates de départ !
Pour avoir une idée de notre quotidien...
Les meilleurs moments ? Indéniablement, c’est le choc culturel. On est parfois bousculé par tant de différences entre la société à laquelle on appartient et celles que nous rencontrons sur la route. Mais c’est aussi grâce à ces différences que le voyage nous permet de mieux savoir qui on est, nos valeurs, nos croyances mais également nos ressources, ce qu’on est capable de faire, nos limites…On se voit progresser personnellement au fil du chemin.
Mais revenons en terres Yucatan : Petite pause de quelques heures à Mérida, avant d’attraper notre correspondance bus. On n’aime pas trop les déplacements en bus au Mexique : dehors on crève de chaud et à l’intérieur des bus on grelotte, la climatisation étant poussée à fond !

Mérida nous accueille avec son carnaval. Tout contents de pouvoir voir un super défilé de couleurs mexicaines, notre excitation est retombée comme un soufflé. Les principales couleurs que nous aurons vu sont le rouge et le noir de la célèbre marque de soda. Nous voyons plus défiler des représentants de la marque que de chars en eux-mêmes ! Pas étonnant, c’est cette industrie qui finance le carnaval.
Campeche, par contre, est la ville coloniale mexicaine comme on l’imagine, colorée, accueillante, des gens qui prennent le temps de vivre autour du zocalo, la place principale… Là aussi nous retrouvons le carnaval, mais beaucoup plus typique cette fois-ci.
Les Chiapas
Après un peu de repos et des rencontres mexicaines sympas, nous faisons halte à Palenque, site maya d’une grande beauté avec sa jungle et la nombreuse faune qui l’habite. Après une pause fraîcheur dans les eaux turquoise d’Agua Azul, Agua Clara et les chutes de Misol-Ha on rejoint San Cristobal de Las Casas, ville renommée du Chiapas.
Sur la route des panneaux nous avertissent « Attention vous entrez en zone zapatiste ! ». Et oui, nous voilà dans le fief de Marcos, le commandant défenseur des droits indigènes.
Située au cœur du verdoyant Chiapas, à 2300 m d’altitude, San Cristobal de Las Casas est une ville très agréable qui regorge d’églises et de façades coloniales, souvenirs d’une époque révolue, avec les hommes et femmes indigènes qui portent le costume traditionnel de leur ethnie, les marchés multicolores avec leurs achalandages toujours aussi alléchants qui pourraient faire rougir de honte nos rayons de supermarchés… On y trouve également l’artisanat local fait de broderies, tissages…
On a un peu l’impression de ré entrer au Guatemala. On prend pleinement conscience de la relativité des frontières. On a vraiment la sensation d’être en face d’une seule et même entité indigène : la similitude des visages, du mode de vie paysan, les couleurs et symboles, les traditions …
Non loin de là, dans le petit village de San Juan Chamula, on entre dans la fameuse église pas très catholique qui fait la réputation du coin. Et là, c’est comme si on avait franchi la porte d’un monde parallèle. Des aiguilles de pin jonchent le sol, illuminé par plusieurs centaines de bougies disposées sur des tables ou par terre. Des tentures sont suspendues au plafond et des fleurs ornent les moindres recoins du temple. Une atmosphère d’intimité nous enveloppe et on se laisse envoûter par les murmures laconiques qui montent à nos oreilles et forment comme un bourdonnement continu.
Devant nous, deux femmes aux longs cheveux noirs tressés sont agenouillées. Elles portent la jupe traditionnelle des Indiens Chamula, faite de laine non tissée, maintenue à la taille par une corde et ornée d’une ceinture tissée. Elles prient et font des incantations. Une volaille attend sagement son heure dans un sac posé à côté. Soudain, leurs incantations s’arrêtent et une des femmes s’empare de la volaille. Malgré ses débattements, celle-ci est rapidement étouffée. La femme éteint alors les bougies et sort une bouteille de poche, l’alcool maya, dont elle absorbe une gorgée avant de partager le breuvage avec l’autre femme. Celle que nous avons facilement identifiée comme la chamane prend alors le pouls de sa patiente.
Ce genre de scènes se déroule en différents coins de l’église. Les bougies de toutes les couleurs continuent de fondre lentement et forment des traînées arcs-en-ciel sur le sol. Des vitrines meublent les murs sur les côtés. Devant nous les effigies, de Saint Thomas, Saint Pedro, Saint Juda défilent. Chacun a un miroir autour du cou. Les fidèles y verraient ainsi le reflet de leur âme.
Les laissant à leurs cérémoniels, nous sortons de l’église pour revenir un peu violemment dans le monde moderne. Les petits et les grands nous entourent rapidement pour nous proposer des bracelets et autres tissages, des babioles…
On ne peut pas vous montrer de photo de ce qui se passe à l’intérieur de cette église car les appareils photos sont interdits par respect pour les croyances de la population. Tout comme certains indigènes Chiliens ou Péruviens, ils voient l’appareil comme un voleur d’âmes.
Quittons les terres du Yucatan pour débarquer dans un coin du Mexique qui colle plus à l’image que l’on s’en fait : le paradis du cactus !
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