Les peuples autochtones ou peuples indigènes



Les peuples indigènes sont couramment appelés les peuples autochtones, ou peuples premiers. Ce terme désigne les premiers habitants des terres sur lesquelles ils vivent, avant que des hommes d’origines différentes n’y arrivent et ne deviennent dominants. C’est le cas des peuples qui vivaient dans les Amériques avant l’arrivée des colons.
Ces peuples autochtones sont généralement dépendants de leur environnement, possèdent une organisation socioculturelle et des modes de vie qui leur sont propres.

Bien souvent, à l’arrivée de colonisateurs, ces peuples deviennent dominés par une culture, une économie, un modèle social et politique qui leur sont étrangers.


En 2007 les peuples autochtones représentent :


- Environ 370 millions d'individus répartis dans plus de 70 pays
- Au moins 5000 groupes autochtones différents
- Plus de 4000 langues différentes, dont la plupart risquent de disparaître d'ici la fin du 21e siècle

Au cours des trente dernières années, les peuples autochtones ont, pour beaucoup, migrés vers les villes afin de trouver un emploi, mais aussi à cause de violations et abus des droits de l’homme, notamment des droits à leurs terres et à la survie culturelle.


La déclaration des peuples autochtones : vers une avancée pour leurs droits ?

En septembre 2007, l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies a adopté la Déclaration universelle des Droits des peuples indigènes, après 22 ans de négociations entre États et peuples indigènes. Cette déclaration est le premier  texte validé par l’ONU qui vise à protéger plus de 370 millions d’indigènes dans le monde.

Présenté par le Pérou, et sous l’impulsion d’autres pays comme le Guatemala et le Mexique qui représentent une communauté importante de peuples autochtones, le texte a été approuvé par une écrasante majorité de 143 voix. 11 pays se sont abstenus et 4 pays se sont prononcés contre : l’Australie, le Canada, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande.

Les pays qui ont votés contre y voient certainement une source de conflits concernant des enjeux de territoires.
Selon le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD), la majorité des pays qui se sont opposés sont réputés pour les mauvais traitements qu’ils infligent aux peuples indigènes. L’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis ont dans le passé fait l’objet de « procédures d’action urgente et d’avertissements » de la part du CERD.
Ces pays rejettent le droit pour les peuples autochtones « d’obtenir le consentement libre et éclairé (des autochtones) avant l’adoption de tout projet affectant leurs terres, territoires et autres ressources, en particulier en lien avec le développement, l’utilisation ou l’exploitation de minéraux, d’eau ou autres ressources ». En outre, les peuples autochtones pourront opposer un veto sur les législations nationales et la gestion des ressources, ce qui n’est pas aux goûts des pays opposants.


Pour les peuples autochtones il s’agit là d’une véritable victoire, porteuse d’espoir, comme le montre les paroles du  représentant Bushman, Jumanda Gakelebone : « Nous souhaitons exprimer notre immense joie devant cette heureuse nouvelle. Les gouvernements ne pourront plus nous traiter comme des citoyens de seconde zone, ils ne pourront plus expulser les peuples indigènes comme nous l’avons été ».
Kiplangat Cheruiyot, porte-parole des Ogiek du Kenya, souligne que : « Avec l’adoption de la Déclaration, la vie des peuples indigènes a désormais autant de valeur que celle des autres citoyens du monde ».


Le texte compte 46 articles comprenant notamment :

- L’auto détermination, qui signifie que les peuples autochtones pourront déterminer librement leur statut politique, économique, social et culturel,
- La propriété du sol,
- L’accès aux ressources naturelles sur les terres et territoires dont ils sont les occupants premiers (avant la colonisation),
- La reconnaissance des États,
- La protection juridique à l’égard de ces terres et territoires,
- La nécessité d’obtenir leur accord pour l’exploitation des ressources naturelles,
- L’interdiction de les expulser d’un territoire sans leur consentement libre et éclairé,
- La reconnaissance de droits individuels et collectifs concernant l’éducation, la santé, l’emploi, le renforcement de leurs institutions politiques, légales, économiques, sociales et culturelles, de leurs cultures et traditions,
- Le pouvoir de décider de leur type de croissance en conformité avec leurs besoins et leurs aspirations propres.


Espérons que l’officialisation de la Déclaration des Peuples Autochtones représente pour l’avenir une réelle avancée de leurs conditions de vie et le respect de leur entité et identité propre.

Mais les peuples indigènes ont un autre objectif, ô combien important : peser dans l’organisation mondiale et lancer la dynamique de construction d’un monde différent.


Les rencontres internationales des peuples indigènes de Abya Yala


Abya Yala « Terre dans sa pleine maturité » en langue indigène du Panama : ce nom vous est inconnu ? Et bien apprenez à le reconnaître car c’est comme cela que tous les peuples autochtones ont officiellement décidé de rebaptiser le continent découvert par C.Colomb.
Mais leur ambition va bien plus loin qu’un changement de nom.


Le 12 octobre 2007, les représentants des peuples indigènes de Abya Yala se sont réunis en Bolivie afin de réfléchir à la présentation d’alternatives de changement pour le monde.

Selon eux, le comportement « occidental » irresponsable condamne l’humanité à son auto extinction et même à la fin de la vie planétaire comme elle existe à l’heure actuelle.
Or le changement est possible, bien que ce ne soit pas un processus facile. C’est sur les différentes possibilités existantes que ce comité s’est attelé et continuera dans l’avenir.
Voici quelques extraits de la déclaration – objectifs à atteindre - qui a clôt cette rencontre mondiale :


- Les principales priorités sont de substituer les actuels modèles de développement basés sur le capitalisme, l’exploitation irrationnelle de l’humanité et des ressources naturelles, en un droit aux énergies et à la consommation via des modèles qui perpétuent la vie, la complémentarité, la réciprocité, le respect de la diversité culturelle et l’utilisation soutenable (durable) des ressources naturelles.

- Construire un monde basé sur la culture de vie, l’identité, la philosophie, la cosmovision et la spiritualité millénaire des peuples indigènes, appliquant les connaissances ancestrales, consolidant les processus d’échanges fraternels entre les nations et respectant l’autodétermination.


- Appliquer les politiques nationales sur la durabilité alimentaire comme principale base de la durabilité nationale pour laquelle la communauté garantie la distribution et la consommation d’aliments sains et propres, en équilibre avec la nature et libres de toute contamination et ce pour toutes les populations, éliminant ainsi la faim, l’alimentation étant un droit vital.

- Tourner le dos aux projets énergétiques comme le bio-combustible qui détruit et nie l’alimentation des peuples. Ainsi nous condamnons l’utilisation de semences transgéniques car elles éliminent nos semences millénaires et nous obligent à dépendre de l’agro-industrie.

- Assumer la culture de paix et de la vie comme guide pour résoudre les problèmes conflictuels du monde, renoncer à l’armement pour garantir la préservation de la vie de la planète.

- Résoudre de manière co-responsable les causes de la migration entre pays, assumant les politiques de libre-circulation des personnes pour garantir un monde sans frontière où n’existe aucune discrimination, marginalisation et exclusion.

- Déclarer comme droits humains l’eau, qui est un élément vital et un bien social de l’humanité qui ne doit pas être l’objet de visée lucrative. Également, il faut impulser l’usage d’énergies alternatives qui ne menacent pas la vie de la planète, garantissant de cette manière l’accès par tous aux services basiques.

 


« Nous décidons et entamons notre destin, assumons la volonté et la responsabilité du Vivre Bien que nous ont laissé nos ancêtres pour construire de manière horizontale, entre toutes, tous et le tout, la culture de la patience, du dialogue, et fondamentalement la culture de la vie »