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Bon, ok l’image qui colle le plus à la peau des Américains, c’est quand même les fast-foods ! Et pour ça ils sont servis. Il y’en a partout, pleins d’enseignes différentes. L’oncle Ronald n’a pas pignon sur rue comme on pourrait le croire. En fait ses ventes ont drastiquement baissées ici car il est devenu le symbole de la malbouffe, contrairement en France où l’enseigne ne cesse d’ouvrir des restos. Mais ça n’empêche pas les dizaines d’autres marques de se partager la clientèle. Aller dans un fat-food (non non il n’y a pas d’erreurs de frappe !) c’est boisson à volonté gratuite, un petit menu qui ressemble à notre menu géant, un burger dégoulinant de graisse et au moins 3 bonnes heures de digestion ! Transition un peu violente après plusieurs mois de régime frijoles ! Heureusement San Francisco compte bon nombre d’autres resto, chinois, japonais, indien… Le petit déjeuner de l’auberge de jeunesse, lui aussi c’est quelque chose ! Deux énormes pots de pâtes pour approvisionner les Warfles (gaufres) à volonté du petit déjeuner. A côté trône le ultra big size de sirop d’érable, sans oublier le petit spray d’huile, type laque à cheveux, pour huiler les gaufriers. Dans cet hostel nous retrouvons des têtes familières. Les femmes de ménage qui travaillent ici ne parlent que l’espagnol et viennent du Mexique ou du Guatemala. La recherche de l’Eldorado pour pouvoir nourrir sa famille restée au pays…
Nous rencontrons Briget et Jessica, deux jeunes californiennes délirantes qui ont créé une association qui propose des activités très originales de recyclage aux jeunes des quartiers défavorisés! Nous avons eu la chance d’aller dans une classe de primaire avec elles. On a d’ailleurs été très surpris car elles nous avaient prévenu qu’elles laisseraient nos noms aux gardiens à l’entrée pour qu’ils nous laissent passer, sinon impossible d’entrer dans l’école publique. Et quand on est arrivé on est monté jusqu’à la classe, à l’étage, sans que personne ne nous voit ! Dans la classe les jeunes sont tout excités, nous disent qu’ils adorent la France et nous demandent si on a déjà vu la tour Eiffel !! On aperçoit leurs outils de travail. Effectivement on constate que la TV est bien présente tout comme la pub. Ils apprennent à compter avec des dessins de barres chocolatés d’une célèbre marque !
Beryl sera une rencontre bien différente. Cette Britannique à la retraite vit à l’anglaise dans une jolie demeure victorienne et nous parle de son investissement en tant que présidente dans l’association Action for Nature et les Eco-Heros Award.
Werner est également une de nos rencontres pour le moins originale. Nous avons été hébergé chez ce célèbre photographe Californien, accroc, voir fou de la photo. Il possède un petit labo, accessible après avoir franchi la porte coffre-fort, où on trouve un nombre incalculable de diapos sur tous les sujets possibles. Ces centaines de milliers de diapos et photos sont toutes classées en fonction de mots-clé spécifiques, et toutes les données sont entrées dans un logiciel qu’il s’est spécialement créé. Autant vous dire qu’il y consacre toute son énergie et en plus, il peut en parler des heures. On a pu feuilleter les différents ouvrages qu’il a sorti. Allez voir son site si vous chercher une photo bien spécifique, vous la trouverez certainement !
Les gens que l’on croise dans les rues sont tous très sympas et très serviables, toujours prêt à aider. Parfois c’est même un peu trop car lorsqu’il nous voit une carte à la main ils nous indiquent la meilleure route selon eux, et du coup on a pas le choix, il faut les écouter car c’est eux qui savent ce qui est le mieux pour nous, quitte à nous mettre dans un bus de force !
Nos journées sont rythmées par le travail, les rencontres et la découverte de la ville. Petite virée en cable-car, le fameux tramway tiré par un câble depuis 1873 ! En remontant et redescendant les rues vallonnées on se sent vraiment à San Francisco. Bon, pour que le cliché soit complet nous nous dirigeons vers le Golden Gate, le fameux pont rouge orangé. Magnifique petit coin où les colibris picorent de fleur en fleur tandis que les vagues du Pacifique viennent s’écraser sur les falaises. Faites un petit tour sur ce pont mythique grâce à cet impressionnant outil informatique qui permet de découvrir, entre autre, les rues de San Fransisco.
Est-ce ce climat particulier qui fait que la ville transpire le bien vivre ? En tout cas San Francisco est une des villes les plus ouvertes des USA et ses différentes communautés sont là pour confirmer qu’ici chacun est le bienvenu. Le quartier Haight-Ashbury abrite ceux qui se sont arrêté à l’époque de Janis Joplin et du flower power, Mission District regroupe la communauté hispanique et y aller faire un tour c’est se retrouver au Mexique pour quelques heures. Castro, le quartier gay, quand à lui, nous accueille avec les drapeaux arc-en-ciel. On y croise des couples, notamment au magasin bio, qui se promène avec leurs enfants. Chinatown et sa plus grande communauté chinoise à l’étranger fête le nouvel an chinois. Dans Market street ce sont les grandes enseignes et centre commerciaux qui envahissent les rues. On a fait un tour dans un centre commercial. Au bout de 10 mn on devient fous ! 6 ou 7 étages, différentes ailes … c’est un véritable labyrinthe. Chez Macy’s Mélanie s’offre un petit délire de fille, remake de pretty woman : essayer des robes de soirées de grands créateurs.

Tous les quartiers réunis forment une ville cosmopolite et accueillante où se nichent ici et là quelques demeures victoriennes, héritage coloré du XIXè siècle. Y’a pas à dire, on s’y sent bien malgré le brouillard quasi permanent qui enveloppe la ville. Et les quelques averses ne nous dérangent pas après avoir subi les grosses chaleurs du Mexique !
Par contre ce qui nous a choqué, tout comme à Los Angeles, ce sont le nombre de personnes, ayant visiblement besoin de soins psychiatriques, qui errent dans la rue, à quelques blocs de Market Street. On a appris qu’il y a quelques années le maire de l’époque a décidé de fermer la grande majorité des centres psychiatriques des alentour afin que « cette population » aille ailleurs, là où elle n’entache pas l’image de la ville. Beaucoup de malades se sont donc tout naturellement retrouvé à la rue, sans soins et SDF. La politique s’est ensuite durcie. Ils sont quotidiennement chassés par la police et il paraît que certains policiers vont même jusqu’à leur prendre les couvertures données par les associations type Croix-Rouge !!
Les policiers que l’on croise sont en tout point l’image véhiculée par les films. Ils marchent nonchalamment, la main posée sur le revolver, les lunettes de soleil à la « Chips » callées sur le nez et leur façon de parler d’une voix rauque.
Un de nos compagnons de chambre en a d’ailleurs fait une expérience toute particulière ! Sans raison apparente, un soir, marchant tranquillement dans la rue avec un copain, deux policiers leur sont littéralement tombés dessus, les ont plaqués au sol, menottés et embarqués. Les policiers les soupçonnaient d’être en état d’ébriété, ce qui n’était pas le cas. Ils ont bien demandé à subir des tests pour le prouver mais les policiers ont répondu qu’ils n’utilisaient pas ça. Bref, ils ont passé la nuit en cellule. A voir la tête qu’il faisait au petit matin quand ils lui ont rendu son sac en papier contenant ses affaires, ça n’a pas du être de tout repos !
Pour pouvoir poursuivre notre périple ouest américain et nous déplacer facilement, nous avons décidé de louer une voiture. On a donc pris le nord de la ville pour entamer notre road-trip par Berkeley, ville universitaire. On est impressionné par la grandeur du campus, ses différentes bibliothèques, musées, les multiples associations militantes, les clubs d’étudiant Alpha, Delta… Les prémices du mouvement de mai 68 sont nés au sein de ce campus et encore plus récemment, beaucoup de célébrités sont sorties de cette université.
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