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Rassasiés, on reprend le bus qui nous conduit à Hanoi. On voit défiler, sur fond de rizières, d’innombrables motos, des vélos, des piétons. Et tout ce petit monde transporte à chaque fois quelque chose : des dizaines de poissons dans des sacs plastiques ornent les guidons, des montagnes d’herbes sont calées sur une charrette de bois qui paraît bien faiblarde, des cochons et autres cadavres d’animaux sont étendus sur l’arrière du siège, des fruits débordent des paniers tressés calés sur les épaules du porteur par un bâton de bambou…

À l’approche de la capitale, la circulation se densifie. Une jeune Vietnamienne monte dans notre bus afin de proposer son hôtel aux quelques touristes qui font le voyage. Et voilà comment on se retrouve à écouter attentivement Fleur nous chanter Frère Jacques et Colchique dans les prés. Avec ça comment oublier qu’on met les pieds dans une ancienne colonie Française. En tout cas Fleur a gagné, on la suit dans son hôtel !
Hanoi
On a pris plaisir à déambuler dans les rues d’Hanoi. Calés à trois sur la moto taxi, nous découvrons les vieux marchés, des temples de prière, la circulation folle, les gens qui font du tai-chi, des commerces répartis dans les rues par thème, ce qui donne la rue aux chaussures, la rue aux sacs, aux ours en peluche…
On ne se lasse pas de dévisager discrètement les gens. On se familiarise à ces nouveaux visages, à la beauté des femmes, à leurs expressions... Leurs yeux bridés semblent perpétuellement rire. Prunelles sombres et cheveux noirs jais contrastent avec leur peau laiteuse, au teint diaphane et pommettes rosées.
Certains vieux à la longue barbichette nous plongent directement dans les années florissantes des opiumeries.
Nous les imaginons facilement jadis, gracieusement allongés sur un sofa de velours, tirant des bouffées de leur longue pipe, se laissant enivrer des vapeurs relaxantes tout en méditant sur la beauté d’une fleur de lotus !

On voit des familles entières défiler dans la rue, tenant tous sur la même moto, des conducteurs qui portent des casques plus drôle les uns que les autres. Dont le fameux casque kaki qui servaient aux Viêt-Cong pendant la guerre.
On se promène au bord du lac Hoan Kiem, puis au temple du mont de Jade situé au milieu du lac où les gens viennent brûler de l’encens et prier.
Hanoi est pour nous l’occasion de continuer ce voyage des religions, commencé en Amérique par le catholicisme, à côté de toutes les autres croyances indigènes, puis en Inde et au Népal avec l’hindouisme et le bouddhisme. Nous découvrons maintenant le taoïsme et le confucianisme.
Le confucianisme est une religion d’origine Chinoise qui met en avant le culte des ancêtres.
Dans quasi toutes les maisons vietnamiennes, il y a un autel réservé aux ancêtres défunts.
Le taoïsme est à la fois une religion et une philosophie (tel le Bouddhisme). Le but pour chaque individu est de vivre en harmonie avec son environnement et réaliser ainsi sa fusion avec le cosmos.
Le taoïsme prône le détachement vis-à-vis du monde et la recherche d’une liberté personnelle qui permet de retrouver le Tao ou Dao, le « principe de l’Univers », symbolisé par le Tajitu.

Ce symbole représente l’union étroite et la complémentarité de deux forces, le Yin et le Yang. Au sein du Yin il y a toujours du Yang, et vice-versa. Ce sont ces forces que l’on retrouve dans tous les aspects de la vie et de l’univers.
L’acupuncture, thérapeutique d’origine taoïste, travaille d’ailleurs avec ces deux méridiens Yin et Yang où circule le QI. Le QI est une sorte de « souffle vital », commun à tout être vivant et qui les relie entre eux et à l’univers.
Les techniques de méditation, les arts martiaux, le QI gong, les massages tel le shiatsu sont des méthodes pour stimuler ou maîtriser le QI.
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À la tombée de la nuit, les Vietnamiens s’affairent à boucler la journée : fermer la petite échoppe, vendre sa dernière soupe, bruler les déchets de la journée sur le trottoir, boire une bière avec les amis assis sur les tabourets qui jalonnent les trottoirs, rentrer les motos dans la maison. Ici et là des femmes sont déjà en pyjamas et se promènent dans la rue.
Nous aussi, on s’installe sur le petit bout de trottoir d’une échoppe qu’on avait repéré grâce à son écriteau qui indiquait Nems Thaïlandais. Nous tant que c’est écrit Nem ça nous va ! La dame nous sert, mais au lieu de recevoir les délicieux petits rouleaux qu’on attendait, elle nous met dans une assiette du papier de riz, des herbes fraîches, du Nuoc Mam (sauce de poisson fermenté) et des lamelles d’un truc blanc qu’on n’arrive pas à identifier.
Et voilà comment on s’est retrouvé à manger des nems garnis… de couenne de porc fermentée. Expression feinte de plaisir, on se passe la main sur le ventre, on ébauche un sourire, les joues gonflées par la marchandise qu’il nous fait maintenant avaler sous les yeux de la dame qui ne nous lâche pas du regard. Son air ravi nous poussera à finir toute notre assiette, mais pour une fois on ne s’est pas battu pour savoir qui aurait le dernier !

Côté climat, notre corps à besoin de s’habituer à la forte chaleur qui règne ici, oscillant entre 30 et 34°C. Celle-ci est différente de ce que l’on a connu. Pas besoin que le thermomètre monte très haut pour que l’humidité rende cette chaleur insupportable. La mousson ne devrait pas tarder à arriver et déverser ses pluies.
Mélanie en a d’ailleurs eu un aperçu alors qu’elle était parti avec une moto taxi pour faire quelques courses. En quelques minutes, le ciel s’est assombri, les nuages se sont concentrés pour soudain se rompre et déverser violement leurs eaux sur la ville. Au bout de quelques minutes, les rues étaient débordantes d’eau qui ne s’évacuait pas, vu le débit. En débardeur et claquettes, Mélanie est resté plus de deux heures coincée à un carrefour, au milieu de toutes les voitures et motos qui ne pouvaient franchir la rue, transformée en lit de rivière. Des claquettes perdues par leurs propriétaires flottaient sur l’eau qui arrivait à mi-mollets. Les gens se rassemblaient sous les préaux, les cafés. Une atmosphère particulière régnait où chacun se regardait, souriait, riait d’être coincé là, sans pouvoir ni faire demi-tour ni avancer. Il n’y avait qu’à attendre. Attendre que les pluies ne se calment et que l’eau ne finissent par s’évacuer par les égouts. Et dire que ce n’était qu’un tout petit aperçu de ce que peut provoquer la mousson.
Pour l’heure on va chercher la fraîcheur au bord de l’eau. Direction le golf du Tonkin pour découvrir la baie d’Halong
La baie d’Halong
On choisi l’option la plus simple et on embarque dans le minibus affrété par l’une des nombreuses agences touristiques qui proposent des tours. Quelques heures après on se retrouve sur notre jonque, perdu au milieu d’îles et d’îlots rocheux à perte de vue… et entouré des dizaines et dizaines d’autres embarcations remplies de centaines et centaines d’autres touristes.

De quoi ébrécher le mythe de l’aventurier solitaire qui se laisse divaguer au fil de l’eau. La descente du dragon, comme elle se nomme, n’est plus à découvrir.
Bien sûr, naviguer sur les eaux de la baie reste quelque chose de très beau et, à la nuit tombée, se sentant tout petit face à ces pics géants sublimés par les reflets de la lune, le charme agit.
Le lendemain matin, on croise les embarcations des commerçants qui viennent s’amarrer aux villages flottants pour vendre leurs quelques légumes, du riz, la pêche du jour….
Sapa
Après un bref retour à Hanoi, on embarque dans le train de nuit qui va nous emmener dans les montagnes du Nord, à Sapa. Une petite semaine à se détendre au frais et découvrir un peu plus les minorités ethniques qui y vivent.
À l’arrivée on fait connaissance de Michel, Canadien en vadrouille, Claire et Marion deux étudiantes en psychomotricité à Paris qui s’apprête à suivre une formation d’arts martiaux sur Hanoi et Wim, ancien GPN (la même formation que JF) qui voyage en Asie depuis plusieurs mois. On décide de partir ensemble en randonnées dans les villages alentours.
Avant de partir, on fait le pleins de victuaille sur le marché. Et on a le choix : nems, tomates bien mûres, salades, baguettes fraîches (et oui, la colonisation Française a eu du bon !), noddles, bananes, chien (non merci, pas pour nous…du coup on est à l’affût des trois lettres Cho (chien) dans les restos), litchis, longanes, pithayas, riz… Et enfin, la star de notre séjour au Vietnam, le bonheur crémeux de son fondant, j’ai nommé La Vache qui Rit ! Une semaine à se gaver de ce fromage qu’on ne mange même pas en France mais dont, ici, on fait l’apologie à qui veut bien l’entendre.
On peut enfin partir. Non sans avoir à échapper à la nuée de femmes Hmongs qui courent après les touristes dans la rue en s’esclaffant de leur petite voix aiguë « Buy me buy me, oh joli, joli !! Pas cher pas cher !! ».

Sur le chemin qui coupe dans les montagnes, on croise des enfants qui gardent les troupeaux de buffles, des hommes qui vont couper du bambou, les femmes qui vont ou reviennent du marché…
On passe à travers des étendus de champs de chanvre dont ils se servent pour confectionner des vêtements.
On entre dans de petits villages où l’on aperçoit les fumées s’échapper du feu où mijote le riz. Les gens sont très accueillants. Une femme nous offrira le sol de sa maison pour que l’on y pique-nique, un homme nous invitera à boire le thé et nous fera expérimenter le bang avec lequel il fume son tabac, des enfants nous feront découvrir leur jus de fruits.
Une nuit chez les Hmongs
Le jour commence à décliner, les enfants rentrent de l’école, les femmes des champs. Sur la route, nous croisons Tru, une femme que l’on avait déjà croisée la veille à Sapa et qui a reconnu Mélanie. Elles partagent quelques kilomètres ensemble à discuter de la vie dans les montagnes, la condition des femmes, la contraception, le mariage libre...
De fil en aiguilles, on se retrouve dans sa maison, à faire la connaissance de ses 8 enfants qui courent dehors les fesses à l’air et son mari, Tuk, accroupi auprès du feu à fumer son bang.
Ils ont la gentillesse de nous offrir le gîte et le couvert. Lui ne parle pas l’anglais ni le français, nous sommes donc tributaire de Tru pour la traduction, mais heureusement le langage des yeux et des mains est universel.
Tru et sa famille sont des Hmongs, une des nombreuses ethnies minoritaires qui peuplent les montagnes du nord Vietnam, nord Laos et Sud Chine. Elle est reconnaissable à ses bracelets et boucles d’oreille en argents, sa tunique en chanvre indigo (teinte par ses soins et qui lui rend les mains et les avant-bras bleutés). Elle porte des guêtres enroulées autour des chevilles et un turban qui recouvre ses cheveux très longs, maintenus sur la tête par un peigne.
Sa maison est faite de bambou, le sol est en terre battue. Les braises du foyer, qui trône par terre au milieu de la pièce, donnent un peu de lumière. L’électricité n’est pas encore arrivée jusque-là.
Tru parcourt tous les jours les 8 kms qui la séparent de Sapa où elle va vendre sa marchandise sur les marchés. Et oui elle fait partie de ces douces femmes qui se transforment en requins de la vente à l’approche de touristes ! Mais ce soir, il n’est pas question de ça entre nous.
Nous partageons juste un moment entre être humain, curieux de la culture de l’autre. Ils nous parlent de l’opium qu’ils consomment encore parfois. L’opium fait pleinement parti des traditions ancestrales des Hmongs, bien que ce soit devenu illégal et qu’ils risquent la prison. Ils s’en servent de médicament qu’ils donnent volontiers à leurs enfants quand ils sont malades (l’opium possède des propriétés antidouleur et sédative) et à condition que la famille est suffisamment d’argents pour se payer la précieuse préparation, issue de la plante Pavot.
Au début, Tru avait honte de nous accueillir dans sa maison, nous disant que nous n’aurions pas le confort d’un lit, d’une chaise, pas d’eau courante mais une fontaine à l’extérieur, pas de toilettes mais un coin derrière la maison… Il a fallu lui assurer que tout cela n’avait pas d’importance pour nous.
Après être allé se baigner dans la rivière pour nous dépoussiérer un peu, nous rejoignons la maison. Tru s’est ensuite affairé à préparer le repas sur le feu et elle nous aura concocté le meilleur des festins : noddles aux œufs frits, légumes revenus à la poêle et évidemment le riz qui accompagne tous les repas.
Bien fatigués de notre journée de marche, il est l’heure d’aller se coucher. Tuk se charge de nous faire un lit. Sous nos yeux émerveillés, avec de la paille, il confectionne un grand lit qui donne l’envie irrésistible de se jeter dedans.
Nos têtes d’enfants qui semblent assister à la venue du père Noël fait partir Tru dans un fou rire qu’apparemment la décence lui empêche de laisser aller devant nous. Sortie, nous l’entendrons un moment se laisser aller à ses éclats de rire.
Quelques minutes après, le calme est revenu et tout le monde se faufile dans sa couche, encore tout excité par cette incroyable rencontre.
Le lendemain matin, réveil aux aurores par les cris du coq qui hurlent comme s’il se tenait à quelques centimètres de nos oreilles.
Malgré tout le poétisme de notre nuit, les visages matinaux sont bouffis, les yeux encore à demi-fermés, les corps courbaturés. On fait la queue à la fontaine pour une petite toilette.
Les braises du feu de la veille ne demande qu’à êtres ravivés pour le petit-déjeuner, les enfants les plus grands s’apprêtent à aller à l’école, les plus petits vont passer la journée ensemble à la maison. Une autre femme se promène dans la cour. C’est la belle-mère de Tru qui vit à quelques mètres de là et qui vient manger avec eux. Et oui, la fille qui se marie prend également en charge ses beaux-parents. Et pour Tru et son mari, 3 enfants viennent s’ajouter aux leurs.
Le frère de Tuk est décédé, il y a quelque temps et la femme du défunt s’est remariée. Et dans ces cas-là, bien souvent le nouveau mari n’accepte pas les enfants d’une précédente union, que la mère doit alors se résoudre à laisser derrière elle.
C’est donc comme ça que Tru et Tuk se sont retrouvés en charge de 8 enfants. Avec la belle-mère et le beau-père, ça en fait des bouches à nourrir ! Et pour cela le couple n’a que le travail de leurs terres et la vente d’artisanat que Tru s’en va faire tous les jours au marché de Sapa. C’est d’ailleurs là que nous retournons avec elle.

Le lendemain, notre équipe de choc décide de louer des motos pour partir explorer d’autres coins de campagnes avant de reprendre le train qui nous ramènera à Hanoi.
Après une nuit rendue difficile par les banquettes en dur qui nous servent de lit et avoir évité l’agression d’un chauffeur de taxi (sous psychotrope qui voulait nous faire payer le triple de la course), on se pose un peu groggy dans un parc de la ville. On assiste à la gymnastique matinale des Vietnamiens sous le regard bienveillant de la statue de Lénine.
Encore quelques jours à profiter du groupe d’amis qui s’est gonflé avec l’arrivée des collègues de Marion et Claire, et nous reprenons la route afin de descendre le Vietnam.
Ninh Binh, Hué, HoiAn
Mais déjà on pressent que le vent tourne pour nous. Déjà notre départ d’Hanoi a été repoussé car Mélanie avait attrapé une sorte de grippe qui l’a clouée au lit 3 jours et l’a laissée bien fatiguée.
Et, à peine arrivé à Ninh Binh, c’est au tour de Jean-François de développer une forte fièvre et de frissonner sous les couvertures. On commence à se demander si on n’a pas tout simplement attrapé la malaria puisqu’on ne prend pas de traitement préventif.
Profitant d’une baisse de fièvre, on décide d’aller explorer Tam Coc, la baie d’Halong terrestre. Mais le soir venu, grosse poussée de fièvre. La chaleur et la fatigue qui s’est abattue sur nous et semble s’amplifier nous rendent l’ombre de nous-même. On se décide alors à rejoindre Hué, où l’on pourra faire un test sanguin…Qui s’avérera négatif. Ouf !
Après quelques jours, des huiles essentielles et du paracétamol, ça va mieux, malgré la fatigue persistante.
On arrive tout de même à garder le sourire, à continuer notre route qui nous mènera à HoiAn, petite ville charmante aux vieilles maisons et temples disséminés dans de petites ruelles.
Mais également étape de l’itinéraire touristique qui longe la côte vietnamienne. Ici aussi on est donc sollicité pour sortir les billets verts. La spécialité d’HoiAn ce sont les tailleurs. Ils sont des centaines à offrir leur service pour vous refaire la garde-robe à pas cher. Heureusement, quelques coups de roues de moto et l'on échappe aux pressions d’achats pour se détendre sur la plage et se perdre dans les petits chemins de campagne.

Mais l’énergie n’y est plus, on se traîne de plus en plus et la fatigue nous rend complètement léthargiques, malgré la cure de ginseng que l’on a commencée.
En fait, si vous nous demandez si nous avons aimé le Vietnam, nous aurons un moment d’hésitation avant de baragouineur un non mélangé d’un oui. En fait, le Nord Vietnam a été une superbe expérience que nous avons adorée. Mais après HoiAn, au fur et à mesure que l’on descendait le pays, la bonne humeur et la patience, elles aussi entamaient une descente.
Plusieurs paramètres sont entrés en compte qui fait que nous n’avons pas pu savourer pleinement ce pays, qui du coup ne nous a pas laissé un souvenir impérissable.
D’abord, nous avons subi le contre coup de l’Inde et du Népal. Pour nous l’Himalaya a été un vrai sommet dans tous les sens du terme, du coup la descente est forcément dure.
Et ici, au Vietnam, les relations humaines entre touristes et locaux sont difficiles à vivre car sont quasi tout le temps entachées par la désagréable sensation de n’être qu’un portefeuille à leurs yeux.
Bien sûr dans beaucoup de pays, le touriste occidental représente la richesse. Mais ici, nous trouvons que la différence se situe dans le fait qu’ils veulent vendre des produits touristiques mais qu’ils se fichent de savoir si tu es content ou non. Bref les prestations ne suivent pas vraiment derrière.
Tout est fait pour que tu consommes et que tu ne t’écartes pas de l’autoroute touristique qui a été balisée pour toi, touriste-Crésus. Sortir de cette autoroute n’est pas des plus simples et demande plus de temps que nous n’en avons… et que nous avons envi de consacrer au Vietnam.
En plus, à avoir partagé de supers bons moments avec Claire, Marion, Wim et Michel, on se rend bien compte que la famille, les amis nous manquent. On aurait envie d’une petite dose d’amour et de rigolade avec nos proches.
Le 14 juillet approche, on se sent terriblement patriotique ces derniers temps. On se prend à chanter la Marseillaise, Douce France, on encense et on pleure notre nourriture, prêt à agresser le premier français croisé pour lui demander s’il n’a pas du saucisson sur lui. On se délecte avec un peu trop d’enthousiasme des baguettes, vache qui rit et pain au chocolat qui se sont offert à nos estomacs de gourmands.
Il n’en fallait pas plus pour qu’on réalise que…on a le mal du pays, tout simplement.
Bref une période un peu plus morose que l’on a du mal à comprendre et donc à gérer. Car on est profondément heureux et, à l’idée de rentrer en France, l’objection est unanime. Il nous reste tellement de belles choses à découvrir, on a vécu jusque-là des moments parmi les plus beaux de notre vie, il n’y a pas de raison que ça s’arrête ! C’est pas une fatigue récalcitrante et un bout de gras de porc qui vont nous mettre KO nom d’une pipe!
Saigon et le Delta du Mékong
On reprend la route, prêt à remonter la pente, tout en descendant vers Saigon. Ou plus officiellement Ho Chi Minh Ville. Deux jours nous permettent de découvrir la ville avant de rejoindre le delta du Mékong. Là où le fleuve Mythique rejoint la mer, après avoir traversé 5000 kms à travers le Tibet, un peu de la Chine, le Myanmar, le Laos, la Thaïlande et le Cambodge.
C’est entre les neuf bras du Delta, les « neufs dragons », que s’étendent les plaines fertiles, grenier à riz du pays.
Ces cultures de riz sont d’ailleurs quelque chose qui risquent de disparaître et de plonger le Vietnam dans une véritable crise alimentaire et économique, étant le deuxième exportateur mondial de riz. Conséquences du changement climatique.
Avec la montée des températures et la fonte des glaces, le niveau des mers a déjà commencé à monter et cela risque de gravement s’amplifier dans les années à venir. Au point d’inonder une partie des terres et de modifier profondément la structure du sol qui fait que le riz pousse si bien. Les Nations Unies considèrent d’ailleurs le delta du Mékong comme l’une des zones les plus exposées à l’élévation du niveau de la mer.
Certains accusent également la déforestation et la construction de gros barrages en amont du fleuve comme facteurs venant modifier la structure du Delta. Toujours est-il que ce sont là des milliers de vies, dans plusieurs pays, qui dépendent de la culture près du Mékong et qui en seront finalement les premières victimes.
Près de l’embarcadère du petit port de My Tho, nous piaffons d’impatience, l’énergie revenue à l’idée de remonter le Mékong jusqu’au Cambodge. Nous traversons les eaux où sont amarrés de petits villages flottants. Ils nous paraissent être des villages comme les autres, où la vie s’écoule comme partout…mais au fil de l’eau !
Les écoliers, pantalon impeccablement repassé et chemise blanche immaculée, se précipitent à la sortie de l’ école, s’installent dans leur jonque qui les ramena chez eux. Les bateaux-commerce passent de maisons en maisons pour proposer leurs denrées. Les chiens tournent en rond sur la terrasse de la maison, seul coin de terre ferme. Les pêcheurs ramènent leur pêche du jour. Les femmes s’affairent à faire la lessive ou la vaisselle en hissant le fil où est suspendue la bassine qui ramène l’eau directement du fleuve. Les bateaux viennent s’amarrer à la station-service pour faire le plein de carburant…
En se rapprochant de la frontière Cambodgienne, les bruits familiers de la vie humaine qui s’activent s’estompent. Ils laissent place aux gazouillis de quelques oiseaux, aux clapotis de l’eau et au bruissement du vent qui nous offre des moments de fraîcheur.
Sur la berge, le grincement d’un vélo vient nous distraire de nos rêveries. Nous regardons ce Vietnamien s’éloigner sur sa bicyclette, ne nous laissant apercevoir que son casque de Viêt-Cong. Rapidement, ce n’est plus qu’un point vert à l’horizon. Good bye Vietnam, bonjour Cambodge !
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