Zoom sur l’histoire récente du Vietnam, Cambodge et Laos




Parler de l’histoire du Vietnam amène forcément à parler également de ses voisins, le Cambodge et le Laos. Ce qui a formé jadis, l’Indochine Française.

Petit condensé de l’histoire de ces pays et des conflits qui les ont animés et dont les conséquences se font encore ressentir.

 



LA GUERRE D’INDOCHINE : 1946-1954



Le Vietnam est une colonie Française depuis près de 30 ans, lorsqu’en 1887, l’Union Indochinoise Française est officiellement instituée.
Celle-ci comprend alors le Cambodge, le Laos ainsi que la Cochinchine (Vietnam du Sud), le Tonkin (Vietnam du Nord) et l’Annam (le centre). C’est la fin d’un Vietnam indépendant.

En 1940, la France, affaiblie par la seconde guerre mondiale et la capitulation sous Pétain, est contrainte de négocier sa présence Vietnamienne avec les Japonais, mais parvient quand même à maintenir sa  souveraineté.

Pendant ce temps-là, Ho Chi Minh, ancien élève de l’école communiste, prend la tête du Viet-Minh (mouvement d’indépendance) que les Japonais arment.

En 1945, le Japon attaque et proclame le Vietnam indépendant, déclaration reprise par Ho Chi Minh.
Les Français conservent cependant le contrôle du Sud VietNam, ce qu’Ho Chi Minh tolère, jusqu’en 1946. Les Viet-Minh n’ont pas perdu l’idée d’indépendance totale du pays et finissent par envahir Hanoi et massacrer de nombreux ressortissants français s’y trouvant.

C’est le début de la guerre d’Indochine. Elle ne cessera que 8 ans plus tard, en 1954, suite à la défaite des Français lors de la bataille de Diên Biên Phu, ville du nord-ouest Vietnam.

Les Hmongs, minorité ethnique ont alors combattu aux cotés des Français.

Aux prix de combats sanglants, l’Indépendance pour le Cambodge et le Laos est signée.
Au Vietnam, le pays est divisé en deux, avec une frontière fixée au 17e parallèle.

 



LA GUERRE DU  VIETNAM : 1959-1975



Au Nord du pays, Ho Chi Minh est à la tête du nouveau régime communiste de la République Démocratique du VietNam.
Au Sud, c’est un régime nationaliste qui est mis en place, soutenu par les Américains, qui veulent plus que jamais éradiquer le communisme. Les Américains sont d’ailleurs déçus que les Français abandonnent la guerre.

Moins de 4 ans après, en 1959, la guerre du Vietnam éclate. Elle oppose le sud du pays, soutenu par les USA et le nord, mené par Ho Chi Minh.

La encore, les Hmongs combattront aux côtés des Américains afin d’assurer la liberté de leur pays, qu’ils voient en danger face aux communistes.

Les Viêt-Congs (combattants communistes du sud Vietnam) gagneront la guerre après plus de 16 ans de combat  et réuniront les deux parties du pays sous la nouvelle République socialiste du VietNam.

La guerre du Vietnam a été particulièrement meurtrière et destructrice, surtout pour le Nord Vietnam et le Nord Laos, là où se passaient la majorité des combats.

Durant cette guerre, 3 à 4 fois plus de bombes ont été lâchées sur le Vietnam et le Laos que pour toute la seconde guerre mondiale.

Aujourd’hui encore, le sol est bourré de mines qui continuent de tuer ou blesser les populations. Ironies du sort, le déminage offre aujourd’hui un emploi aux Cambodgiens, Laotiens et Vietnamiens.

5% de la population vietnamienne a été tué ou blessé.

72 millions de litres de produit chimique (dont le fameux agent orange) ont été déversés et aujourd’hui encore, la contamination des sols entraîne de graves problèmes de santé.

Avec tous ces produits chimiques déversés, c’est également la nature qui a eu son lot de destruction. D’ailleurs (relation de cause à effet ? ) nous trouvons les oiseaux bien moins abondants que dans tous les autres pays que nous avons visités.

 


Le Cambodge pendant la guerre du Vietnam



Le Cambodge, indépendant depuis 1953, n’est pas épargné par les combats.
Les USA, sous Nixon, y ont organisé un coup d’Etat afin de renverser le roi. Ils lui reprochait de ne pas lutter contre les Viêt-Cong qui utilisaient alors le Cambodge pour leurs déplacements.

Certains avancent que ce coup d’Etat a permis aux Khmers Rouges de profiter de la déstabilisation du pays pour s’emparer du pouvoir.

En tout cas, le Roi est poussé à confier la direction du gouvernement au chef de l’armée militaire, Lon Nol qui s’allie alors aux USA pour endiguer le communisme.

Face à cette collaboration, les Khmers rouges – mouvement communiste du Cambodge- s’opposent au nouveau gouvernement qui soutient les USA.
Après de longs combats, les Khmers Rouges finissent par gagner, notamment suite au départ des USA ayant perdu la guerre du Vietnam.
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APRES LA GUERRE DU VIETNAM…



La dictature des Khmers Rouges au Cambodge : 1975-1979

Les Khmers rouges, aussitôt entré dans Phnom Penh, installent un régime d’une dictature sans précédent. Un auto génocide comme certains diront.
L’objectif des Khmers rouges est de purifier le pays de la civilisation urbaine. Les villes sont détruites, les habitants envoyés en rééducation dans les campagnes, dans des camps. Les intellectuels comme les enseignants sont assassinés. Les gens meurent de faim, d’épuisement.

On estime que le régime a tué près d’un tiers de la population du pays.



Les boat people au Vietnam : 1976


Le régime communiste ayant gagné la guerre, Ho Chi Minh met en place un gouvernement répressif envers la presse, pourchassent les gens qui ont collaboré avec les Américains, réparti les terres, nationalise les entreprises…
Face à cette situation, des milliers d’hommes et de femmes préfèrent fuir par la mer, entassés dans de petites coques de bois. Ce sont les boat people, les réfugiés de la mer.

Le Vietnam a gardé beaucoup de souffrance. Jusqu’en 1988 il était interdit aux Vietnamiens de parler avec les étrangers sauf s’ils venaient des pays de l’Est ou de l’URSS. Dans la rue il y avait des boîtes rouges pour dénoncer ceux qui ne respectaient pas les règles.

 

 


1979 : Le Vietnam déclare la guerre au Cambodge

En 1979, le Vietnam, qui s’inquiète de plus en plus pour ses frontières, décide de mettre fin à la dictature des Khmers Rouges en envahissant le Cambodge.
L’armée Vietnamienne est accueillie à bras ouvert par la population. C’est la fin du régime des Khmers Rouges.

 



Le Cambodge aujourd’hui

Depuis, le gouvernement Cambodgien n’a pas vraiment connu la stabilité avec des élections souvent douteuses, un roi revenu au pouvoir qui a abdiqué deux fois avant de passer le pouvoir à son fil, Norodom Sihamoni.

De plus, le Cambodge subit les conséquences de ces décennies de guerre et de massacres. Un tiers du budget de l’Etat provient de donateurs internationaux, argents malheureusement trop souvent détournés. Trafic de drogues, de pierres précieuses, prostitution sont un lot commun pour le pays. Également, le système éducatif est entièrement à refaire, la majorité des enseignants du pays ayant été assassinée.

Le Cambodge se développe économiquement et s’apprête à exploiter à fond ce que le Mékong peut lui offrir : de l’énergie hydroélectrique.
Avec l’aide de la Chine, de grands projets de barrages sont en cours et des barrages ont déjà vu le jour, assurant désormais à 20% de la population, surtout des villes, un accès à l’électricité fiable et bon marché.
Hélas, à l’instar du barrage des trois Gorges, ces centrales sont prévues pour être énormes, avec toutes les conséquences négatives que cela engendre (déforestation, expulsion d’habitants…).

 


Et le Laos dans tout cela… La persécution des Hmongs


Le Laos a servit de base pour les combattants Viêt-Congs, ce qui mettait à mal les USA. Ceux-ci ont alors recruté des collaborateurs auprès des Hmongs tout comme les Français les avaient recruté pendant la guerre d’Indochine. Et tout comme les Français, les Américains partis, les Hmongs se sont retrouvés seuls.

Et au Laos, ils subissent de plein fouet les persécutions du gouvernement. Le Laos est un pays communiste, seul le Parti révolutionnaire populaire lao est autorisé depuis la fin de la guerre du Vietnam. L’opposition est actuellement en exil.

Beaucoup de Hmongs ont fuit à l’étranger (comme en France ou aux USA), ceux qui ne pouvaient pas se sont réfugiés dans la jungle des montagnes du Nord.
Les forces armées du Laos attaquent encore régulièrement les villages des Hmongs. Traqués, ils survivent par petits groupes (hommes, femmes, enfants), coupés du monde, sous-équipés, sous-alimentés.

Au Laos, ils ne seraient plus que 8000 contre 30 000 il y a 10 ans.

Face à cela, des journalistes ont tenté de sensibiliser l’opinion publique et notamment la France pour que la communauté internationale leur vienne  en aide. Le documentaire diffusé en 2005 en France « La Guerre secrète du Laos » a choqué bon nombre de téléspectateurs.. Mais depuis, les gouvernements n’ont rien fait pour apporter leur aide aux Hmongs.

Au début de cette année, la Thaïlande a conclu un accord avec le Laos pour rapatrier les 8000 Hmongs refugiés sur son territoire, dans le camp de Huai Nam Khao.
Pourtant la Thailande sait très bien ce qui attend les Hmongs une fois de retour au Laos.